Rennes: 87 plaintes déposées par des « pisseurs involontaires de glyphosate »

PESTICIDES Les militants écologistes entendent dénoncer « les organismes qui vendent des pesticides »

Camille Allain

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Des militants pisseurs involontaires de glyphosate brandissent leur banderole avant l'audience du maire de Langouët, devant le tribunal administratif de Rennes en octobre 2019.
Des militants pisseurs involontaires de glyphosate brandissent leur banderole avant l'audience du maire de Langouët, devant le tribunal administratif de Rennes en octobre 2019. — Camille Allain / 20 Minutes

On les appelle les « pig », pour Pisseur Involontaire de Glyphosate. Ce mercredi, ils étaient une quarantaine devant le tribunal correctionnel de Rennes, réunis pour déposer individuellement plainte contre les distributeurs de pesticides​. Au total, 87 plaintes ont été déposées ce jour en Ille-et-Vilaine.

Plusieurs militants arboraient un tee-shirt affublé d’un chiffre inscrit au marqueur noir. « Moi, j’ai 1,6 », lance Laurent Hamon. Comme ses compères de lutte, le conseiller municipal écologiste de Rennes a fait analyser ses urines par un laboratoire allemand. Résultat ? « 1,6 nanogramme de glyphosate par millilitre d’urine ». Selon eux, la limite fixée par l’Union européenne est largement dépassée. Fixée à 0,1 nanogramme par litre, cette norme n’est cependant valable que pour l’eau potable.

«Mise en danger de la vie d'autrui»

« Surpris du résultat », l’élu écologiste s’est présenté face à un huissier ce mercredi pour faire expertiser son flacon d’urine. « C’est une démarche militante. Je mange bio et pourtant, j’explose les scores. Certains parmi nous ont dépassé les 2,3 nanogrammes. Il y a urgence à agir. Il faut engager une bataille juridique, c’est la solution pour lutter contre la diffusion des pesticides », ajoute Laurent Hamon. A ses côtés, le candidat à la mairie de Rennes Matthieu Theurier a effectué la même démarche, tout comme des élus de la France Insoumise.

Les 87 plaintes déposées ce mercredi visent « les distributeurs et utilisateurs de pesticides », mais aussi les autorités sanitaires. Le motif ? « Mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteintes à l’environnement ». Au total, environ 5.000 plaintes auraient déjà été déposées par des « pisseurs involontaires », en France selon les organisateurs. L’ensemble des saisies pour faire l’objet d’un procès l’année prochaine.