Finistère : « Pas une semaine sans un accident » sur la route mortelle de Ploudaniel

SECURITE ROUTIERE Trois jeunes d’une même famille sont morts vendredi dans un accident de la route sur la D770, un axe accidentogène où des travaux importants ont été engagés

Camille Allain

— 

Trois jeunes frères ont perdu la vie dans un accident de la route à Ploudaniel dans le Finistère, le 15 novembre 2019.
Trois jeunes frères ont perdu la vie dans un accident de la route à Ploudaniel dans le Finistère, le 15 novembre 2019. — Gendarmerie nationale
  • Deux frères et une sœur ont perdu la vie dans un accident de la route survenu vendredi à Ploudaniel, dans le Finistère.
  • La départementale 770 est particulièrement accidentogène. Neuf personnes sont décédées depuis 2014, dont trois enfants l’an dernier.
  • D’importants travaux sont menés pour sécuriser cet axe qui voit passer 15.000 véhicules par jour.

C’est le quatrième accident mortel en deux ans. Vendredi, deux frères et une sœur ont péri dans un accident de la route sur la route départementale 770 à Ploudaniel, dans le Finistère. Leur voiture se serait déportée sur la voie d’en face et a été découpée par le camion qui circulait en sens inverse. Agés de 15, 18 et 20 ans, les adolescents sont morts sur le coup. Quelques minutes plus tôt, le plus âgé des trois était passé prendre son frère et sa sœur au lycée de l’Elorn, à Landerneau, pour regagner le domicile familial à Plouider.

Leur vie s’est arrêtée sur la tristement célèbre D770, un axe accidentogène sur lequel trois enfants étaient déjà morts l’an dernier et qui a vu neuf personnes mourir depuis 2014. « Il y a 300 mètres entre les deux lieux d’accident. C’est dramatique. La voiture était pulvérisée, coupée en deux. C’est terrible », témoigne le maire de la commune Joël Marchadour, abattu. Après la mort des trois enfants en 2018, le maire de Ploudaniel avait fait part de son indignation, appelant les autorités à sécuriser les lieux. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’il y ait un accident matériel sur cette route », ajoute l’élu.

Trois jeunes frères ont perdu la vie dans un accident de la route à Ploudaniel dans le Finistère, le 15 novembre 2019.
Trois jeunes frères ont perdu la vie dans un accident de la route à Ploudaniel dans le Finistère, le 15 novembre 2019. - Gendarmerie nationale

La départementale, qui voit passer 15.000 véhicules chaque jour, abrite une portion de cinq kilomètres particulièrement dangereuse. Bordée de maisons et de champs, elle est entrecoupée par des petites routes communales. « Il y a une multiplicité des usages. On voit beaucoup de poids lourds passer, des tracteurs qui s’y engagent, des riverains, des gens qui doivent s’arrêter au milieu de la route pour tourner. C’est ça qui la rend dangereuse », résume Bernard Quillévéré, vice-président du conseil départemental du Finistère, délégué aux déplacements.

« Les procédures sont longues »

Depuis quelques semaines, la collectivité avait engagé des travaux, après plusieurs années d’études et de réflexion. Pour sécuriser les lieux, des routes annexes sont en cours d’aménagement en arrière des maisons et deux ronds-points seront aménagés en 2020 et 2021. Le chantier évalué à 12 millions d’euros devrait être achevé fin 2022. Une éternité dans l’esprit des usagers quotidiens. Un temps normal pour la collectivité. « C’est un chantier conséquent qui prendra dix ans. Les procédures sont longues, il a fallu choisir le tracé, mener des études archéologiques et environnementales », détaille le vice-président du conseil départemental.

Un camion a percuté une voiture le 15 novembre 2019 à Ploudaniel, dans le Finistère. Trois jeunes de 15, 18 et 21 ans sont morts.
Un camion a percuté une voiture le 15 novembre 2019 à Ploudaniel, dans le Finistère. Trois jeunes de 15, 18 et 21 ans sont morts. - SDIS 29

Ce dernier précise par ailleurs que c’est « le comportement des usagers qui rend cette route dangereuse ». Le maire de Ploudaniel nuance. « En journée, ça va, mais aux heures de pointe, c’est un flot continu de voitures. Certains imprudents doublent, traversent ou s’engagent sur la départementale. C’est là qu’il y a un risque potentiel », estime Joël Marchandour. L’an dernier, l’élu avait poussé un coup de gueule après la mort des trois enfants. Le conseil départemental avait alors accéléré les procédures d’expropriations nécessaires à la réalisation du chantier. « Oui, certains propriétaires insatisfaits nous ont demandé du temps. Mais ça n’a pas retardé le projet », promet Bernard Quillévéré.

Présents sur les lieux du drame vendredi, les deux hommes s’accordent pour dire que trop de personnes ont perdu la vie sur cet axe.