Bretagne: La région veut moins de poussières et plus de homards dans le port de Saint-Malo

MER La région a choisi le groupe EDEIS pour gérer le port, remerciant au passage la Chambre de commerce et d’industrie, qui était aux manettes depuis 1957

Camille Allain

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Le port de Saint-Malo ici sur la façade industrielle.
Le port de Saint-Malo ici sur la façade industrielle. — C. Allain / 20 Minutes
  • La région Bretagne a choisi le groupe EDEIS pour la gestion du port de Saint-Malo pour les dix prochaines années.
  • La CCI d’Ille-et-Vilaine gérait l’équipement depuis la dernière convention, signée en 1957.
  • Le candidat privé offrait davantage de garanties sur les aspects environnementaux et sur le développement de la pêche.

« Balance ton port ». Ce lundi, la région Bretagne a choisi de ne pas renouveler sa confiance à la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine pour la gestion du port de Saint-Malo​. Un événement historique puisque la dernière convention avait été signée en 1957. « Beaucoup de choses ont changé depuis », résume Loïg Chesnais-Girard. Entouré de sa commission permanente, le président de la région Bretagne a voté en faveur du dossier d’EDEIS. La société d’ingénierie et de gestion d’infrastructures, qui emploie environ 1.000 personnes et gère 19 aéroports français, sera le nouveau gestionnaire du port pour les dix prochaines années.

Un dossier complexe qui renferme à la fois du transport de passagers via la Brittany Ferries et Condor, un port de pêche et une intense activité industrielle emmenée par l’empire de la nutrition animale Roullier. Le tout dans un environnement urbain ultra-contraint. Non, Saint-Malo n’est pas un port comme les autres. « Nous voulons faire en sorte qu’il se développe tout en conservant toutes ses activités. Cela nécessite de regarder la performance environnementale de près », résume Martin Meyrier, vice-président de la région chargé de l’économie qui a piloté le dossier.

Les émissions de poussières au cœur du débat

L’élu pense notamment aux émissions de poussières générées par l’activité industrielle du site, régulièrement dénoncées par les Malouins. « EDEIS souhaite jouer la transparence sur la qualité de l’air et propose des investissements rapides pour traiter ces poussières. On ne pouvait plus attendre », estime le jeune élu breton. Un système d’aspiration pourrait notamment être installé sur les quais.

Au total, le nouveau gestionnaire, qui prendra les clés au 1er janvier, investira 50 millions d’euros en dix ans, auxquels s’ajoutent 30 millions promis par la région. La collectivité a déjà lâché 110 millions dans la rénovation du terminal de la Naye où accostent les ferrys venant du Royaume Uni. Des travaux bouleversés par la perspective du Brexit, qui a obligé la région à repenser ses sorties de voyageurs et de marchandises provenant d’Outre-Manche.

Premier port sur les crustacés

La région avait également sommé les candidats d’améliorer la compétitivité de la branche pêche du port malouin. « Nous voulons faire de Saint-Malo une place de marché, nous savons qu’il en a le potentiel », résume le président de la région. EDEIS a là aussi promis d’investir afin de faire de la cité corsaire le premier port français sur le segment des crustacés. Crabes et homards sont déjà nombreux à mettre une pince sur le sol malouin.

L’équipement avait-il pris du retard dans son développement lorsqu’il était géré par l’État ? « Non, mais il y a un potentiel à développer. La région a déjà investi six fois plus que l’État auparavant », répond Martin Meyrier, avec diplomatie. Soyons plus clairs, oui, il avait pris du retard.