Rennes : Lufthansa ouvre une ligne vers Francfort, « un tournant majeur » pour l’aéroport

TRANSPORTS La compagnie allemande opérera trois vols par semaine vers ce grand hub européen

Camille Allain

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L'accident s'est produit sur la piste de l'aéroport de Rennes - Saint-Jacques.
L'accident s'est produit sur la piste de l'aéroport de Rennes - Saint-Jacques. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • L’aéroport de Rennes a convaincu la compagnie Lufthansa d’opérer trois liaisons par semaine vers Francfort.
  • L’aéroport allemand est le quatrième plus important d’Europe et offre des connexions vers le monde entier.
  • Les touristes allemands sont attendus en nombre mais la ligne promet également des échanges économiques nourris.

Après Londres, Paris et Amsterdam, Francfort est le quatrième plus gros aéroport européen. Ce hub international, qui a vu passer 70 millions de voyageurs l’an dernier, sera prochainement relié à l’aéroport de Rennes grâce à l’arrivée sur le tarmac breton de la compagnie allemande Lufthansa. Dès le 31 mars, trois vols par semaine seront opérés dans chaque sens. Un très gros coup pour la capitale bretonne. « C’est un tournant majeur dans le développement de notre aéroport. Il y a une mutation », lance, tout sourire, son directeur Gilles Tellier. « La Bretagne et Rennes avaient besoin de cette connexion vers l’Europe et vers le monde ».

Avec cette nouvelle ligne, Rennes s’offre un accès privilégié à de nombreuses destinations du monde comme Rio de Janeiro, Istanbul, Oslo ainsi que de nombreuses villes asiatiques (Bangkok, Delhi, Tokyo). Mais aussi une ouverture nette vers le premier marché étranger de la Bretagne. « L’Allemagne est notre premier partenaire économique, à l’export et à l’import, devant la Chine. C’est le deuxième investisseur derrière les Etats-Unis », explique Emmanuel Thaunier, président de la CCI, actionnaire à 50 % de l’aéroport.

Des touristes sur les traces du commissaire Dupin…

Après trois ans de négociations avec la compagnie allemande, la plateforme rennaise espère également séduire les touristes allemands, de plus en plus nombreux à visiter la Bretagne pour suivre les traces du commissaire Dupin, célèbre héros de l’écrivain Jörg Bong, alias Jean-Luc Bannalec. Les vols, d’une durée de 1h15, et proposés à 99 euros aller-retour, viendront au passage concurrencer la liaison avec Roissy. En cas de succès, les trois liaisons hebdomadaires pourraient d’ailleurs devenir quotidiennes.

Propriété de Vinci et de la CCI Bretagne, l’aéroport de Rennes est en pleine croissance et voit chaque année son nombre de voyageurs progresser. Mais en mai, puis en juillet, leur nombre a diminué, pour la première fois depuis bien longtemps. La faute au retrait partiel d’Air France, qui a fermé ses lignes vers Bruxelles et Strasbourg. La compagnie représente à elle seule 60 % des vols au départ de Rennes. « Il y a quelques années, c’était 80 % », rappelle Laurent Giboire, puissant patron du groupe immobilier et membre de la société d’exploitation de l’aéroport.

« Diversifier notre fonds de commerce »

L’arrivée de Lufthansa, comme celle de Vueling ou EasyJet ces dernières années, apportera davantage de garanties à l’aéroport rennais en cas de défaillance de son partenaire Air France. « C’est notre enjeu de diversifier notre fonds de commerce. On ne peut pas être soumis aux aléas des fermetures de ligne de telle ou telle compagnie », explique Fanny Charles, responsable du développement de l’aéroport.

L’abandon du projet à Notre-Dame-des-Landes a-t-il joué ? « Nous avons réussi à démontrer que Rennes n’est pas Nantes, notamment avec le succès de la ligne vers Barcelone ( également opérée à Nantes-Atlantique). Si Lufthansa vient à Rennes, ce n’est pas à cause d’un défaut de capacité à Nantes », assure le directeur Gilles Tellier.