Rennes: Ecolo, rétro ou bobo, le vintage fait toujours recette

MODE La deuxième édition du salon du vintage se tient tout le week-end au couvent des Jacobins à Rennes

Camille Allain

— 

Illustration de participants à une course de motos vintage en Angleterre.
Illustration de participants à une course de motos vintage en Angleterre. — Pete Summers / SIPA
  • Rennes accueille ce week-end le salon du vintage. L’événement avait attiré 10.000 personnes l’an dernier pour sa première édition.
  • Le succès du vintage ne se dément pas avec les années et certains styles reviennent à la mode, comme le fluo des années 90.
  • Le vintage peut être considéré comme un mode de consommation éthique et écologique.

Game Boy, Rubik’s Cube, jean taille haute ou pull en laine de bûcheron. Autant d’objets un temps oubliés et redevenus cultes grâce au goût des humains pour l’éternel recommencement. Avec la mode, même la pire ringardise que l’on avait cherché à enterrer peut resurgir au moment où on s’y attend le moins. Ce phénomène a trouvé son nom :  le vintage ou « millésime » en français. « Les gens cherchent une nostalgie heureuse. Ils ont besoin de retrouver des souvenirs de jeunesse », estime Laurent Journo.

Ce collectionneur a eu la bonne idée de créer en 2007 l’un des premiers salons du vintage en France. Onze ans après Paris, le salon avait mis un pied à Rennes pour une première édition l’an dernier qui avait vu défiler 10.000 personnes dans les travées du couvent des Jacobins. Forts de ce succès, les organisateurs ont choisi de s’agrandir pour la seconde édition qui a lieu samedi et dimanche.

« Les années 90 étaient vraiment ringardes »

Près de 1.000 m² supplémentaires seront ainsi consacrés à l’exposition de vieilles voitures, de motos anciennes et des emblématiques scooters Vespa. « On accueille des passionnés, des collectionneurs, mais aussi monsieur et madame tout le monde. Certains viennent pour le rétro-gaming [jeux vidéo anciens], d’autres ont les yeux qui brillent devant du mobilier rétro. Chacun y trouve son compte », assure Laurent Journo.

Au fil des années, l’organisateur a pourtant vu le vintage évoluer et avancer dans le temps. « Quand on a commencé, les années 90 étaient vraiment ringardes. Aujourd’hui, tous les trentenaires recherchent du streetwear fluo et des jeans taille haute ». Lauren Papet confirme. « Aujourd’hui, mes clientes recherchent des ensembles vestes et pantalons fluo, des couleurs qui pètent. C’est assez nouveau ».

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par FRENCH FRIPES (@frenchfripes) le 8 Mars 2019 à 3 :50 PST

Cette Rennaise de 35 ans chine ses propres fringues depuis des années. Il y a deux ans, elle a eu l’idée d’ouvrir French Fripes et voit son activité de revente en ligne grimper. « Quand on connaît les conditions de travail dans le textile ou la pollution engendrée par cette industrie, on est en droit de s’interroger. Pour moi, le vintage, c’est du réemploi, c’est à la fois éthique et écologique », explique la jeune femme, qui sera présente sur le salon ce week-end.

« Ils ont une histoire, un vécu »

Toujours employée dans une grande enseigne de textile, Lauren voit ses clients et clientes subir « l’uniformisation de la mode » qui dicte sa loi. « Les gens qui aiment le vintage recherchent un côté unique. Les vêtements que je revends, ils ont une histoire, un vécu. Mais surtout, ils sont de bonne qualité. Le prix n’est plus le seul critère ».

Devenus tendances, les articles vintage ont inévitablement vu leur cote grimper ces dernières années. Mais à en croire l’organisateur du salon, les prix restent maîtrisés. « On peut trouver des jeans taille haute à 20 euros ou des jouets d’époque à 10 euros. C’est sûr que ce sera plus cher si vous recherchez du mobilier signé d’un grand nom d’époque. L’ancien n’est pas devenu inaccessible ».