Rennes : « Cinéville n’est pas une société de cinéma low-cost », clame le PDG Yves Sutter

CINEMA L’entreprise basée à Rennes ouvre son 15e cinéma ce mercredi à Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes

Propos recueillis par Camille Allain

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Yves Sutter, le PDG de la société Soredic, qui exploite les cinémas Cinéville. Ici à Vern-sur-Seiche, le 30 septembre 2019.
Yves Sutter, le PDG de la société Soredic, qui exploite les cinémas Cinéville. Ici à Vern-sur-Seiche, le 30 septembre 2019. — C. Allain / 20 Minutes
  • La Sorédic, qui exploite les cinémas Cinéville, ouvre son 15e complexe ce mercredi à Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes.
  • La société a fermé dimanche son emblématique cinéma du centre-ville de Rennes.
  • Vingt-deux millions d’euros ont été investis pour la construction des deux complexes à Bruz et Vern, mais aussi dans la création d’une salle de jeux pour enfants et de deux restaurants.

Elle n’est pas la plus connue dans le milieu des exploitants de cinémas. Mais dans l’Ouest, la Soredic a su se faire une place au fil des années dans le paysage cinématographique. La Société rennaise de diffusion cinématographique, qui exploite quatorze Cinéville, ouvre ce mercredi son quinzième complexe à Vern-sur-Seiche, où elle installera aussi son siège social, deux restaurants et une salle de jeux pour enfants. Cet équipement de 1.240 places et six salles vient s’ajouter à l’autre complexe ouvert en juin à Bruz et compense la fermeture de l’emblématique Cinéville du Colombier survenue dimanche. Au milieu du hall encore en chantier, le PDG Yves Sutter a répondu aux questions de 20 Minutes.

Vous ouvrez ce mercredi votre nouveau complexe à Vern-sur-Seiche. A quoi les spectateurs peuvent-ils s’attendre ?

Notre cinéma est un équipement de proximité. Nous ne misons pas sur le gigantesque, plutôt sur la facilité d’accès pour les habitants du sud de Rennes. Nous avons investi dans de larges écrans pour offrir des émotions. Le plus grand fait plus de 200 m², c’est plus que nos six écrans du Colombier réunis. Ce sera la plus grande salle du département. Nous voulons offrir du spectacle, en proposant une programmation grand public.

Comment fonctionne votre complexe ouvert en juin à Bruz ?

Les chiffres sont moyens à correct. Mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Le complexe de Bruz a été conçu pour fonctionner avec celui de Vern. Les deux doivent être cohérents et complémentaires, c’est un projet global. Nous avons deux fois six salles mais certains films seront projetés dans les deux villes. C’est l’équivalent d’un complexe de neuf salles sur deux sites, c’est un pari. Aujourd’hui, un cinéma met trois ans à trouver son public. On ne saura pas avant.

Votre projet vise à combler un vide au sud de Rennes. Quel public visez-vous ?

Nous allons profiter d’un public de transfert qui va se réorienter dans ses pratiques. Des gens qui allaient au cinéma ailleurs, au Colombier par exemple, et qui vont trouver chez nous un équipement de proximité. Mais ce public ne suffira pas à assurer notre rentabilité. Il nous faut convaincre les gens qui vont peu ou pas au cinéma, il faut les réveiller. C’est ce que nous avons réussi à faire dans notre complexe à Angers [aux Ponts-de-Cé exactement]. Là-bas, près de la moitié de nos clients n’allait pas au cinéma.

Beaucoup de clients du Cinéville Colombier venaient chez vous pour les prix attractifs. Mais vous augmentez le prix de la place…

En plein tarif, nous passons de 9 euros à 10,20 euros, mais ce n’est pas du tout le même produit ! Cinéville n’est pas une société de cinéma low-cost. Nous avons investi lourdement (22 millions pour l’ensemble du projet) pour offrir des écrans larges, du son de bonne qualité et du confort à nos clients à Bruz et à Vern. Au Colombier, nous n’investissions pas, ce qui nous permettait d’avoir des réductions tarifaires. On avait dû adopter cette politique pour survivre à l’arrivée du Gaumont, mais on avait des problèmes de confort, d’odeurs parfois. Je sais qu’il y aura des déçus. Mais nous continuons de proposer la place à 6,50 euros chaque jeudi et à 5 euros pour les moins de 14 ans, comme au Colombier.

Qu’en est-il de la carte Sortir, qui offrait des séances à trois euros ?

C’est en discussion avec les collectivités. Nous y travaillons mais la question n’est pas simple.