Immobilier : Les prix s’envolent mais Rennes résiste aux « envahisseurs » parisiens

LOGEMENT Dans le neuf ou dans l’ancien, les prix ont fortement augmenté ces derniers mois dans la capitale bretonne

Jérôme Gicquel

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Vue du centre-ville de Rennes depuis l'immeuble Cap Mail signé Jean Nouvel.
Vue du centre-ville de Rennes depuis l'immeuble Cap Mail signé Jean Nouvel. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes
  • Le marché de l’immobilier se porte bien à Rennes, qui profite de son dynamisme économique et démographique et de l’effet LGV.
  • Conséquence, les prix des appartements et des maisons se sont envolés ces derniers mois dans la capitale bretonne.
  • Si les Parisiens investissent de plus en plus à Rennes, le phénomène reste toutefois assez limité.

Avec l’arrivée de la ligne à grande vitesse qui place désormais Rennes à 1h25 de Paris, certains craignaient que la capitale bretonne ne se transforme en eldorado pour les Parisiens. En réalité, il n’en est rien. Toujours placée dans le classement des villes où il fait bon vivre et avec un marché de l’emploi très dynamique, Rennes attire bien sûr de nouveaux habitants, dont certains de la région parisienne.

Mais on est encore loin du phénomène « des envahisseurs », sourit Gwendal Texier, président de la Chambre des notaires d’Ille-et-Vilaine. « On est autour des 7 à 8 % d’achats réalisés par des Parisiens, précise-t-il. Il y a bien sûr l’effet LGV et le fait que les prix soient beaucoup moins chers à Rennes mais on est encore loin de la situation de Bordeaux par exemple ».

Les prix flambent dans certains quartiers

Si le marché immobilier rennais est plutôt épargné par la spéculation, cela n’empêche pas les prix de s’envoler. Conséquence d’une demande de logements qui explose et d’une pénurie qui pointe son nez, la pierre a pris un coup de chaud ces derniers mois. Pour les appartements anciens, le prix médian au m² a ainsi bondi de 8,4 % sur un an pour atteindre les 2.690 euros.

Idem pour les maisons anciennes (+10,6 %) et les appartements neufs (+6,9 %). Dans certains quartiers comme le centre-ville, Thabor/Saint-Hélier, Sud-Gare ou Maurepas/Patton-Les Gayeulles, ces hausses sont encore plus significatives, dépassant les 10 %.

Rennes plus chère que Nantes ? Les avis divergent

Cette flambée est telle que Rennes serait même devenue plus chère que Nantes dans l’ancien selon une étude récente de SeLoger.com, avec un prix moyen au mètre carré de 3.537 euros contre 3.533 euros pour sa voisine.

Des chiffres qui laissent plutôt songeurs les notaires. « Nantes reste toujours plus chère. Mais je pense que ce n’est qu’une affaire de quelques années avant que Rennes ne passe devant », assure Marc Laisné, notaire dans la capitale bretonne.

Si cette envolée des prix fait le bonheur de certains vendeurs, elle soulève toutefois quelques inquiétudes dans la profession. « Avec cette hausse de 7 à 8 %, un employé ne peut quasiment plus acheter à Rennes », souligne Gwendal Texier, qui espère un retour à une hausse « de 2 à 3 % » dans le temps. « Mais je ne vois pas ce qui pourrait arrêter ce mouvement », concède Marc Laisné.