Journées du patrimoine : Près de Rennes, le plus ancien manoir de Bretagne se refait une beauté

ARCHITECTURE En pleine restauration, le manoir du Boberil à L’Hermitage ouvre ses portes au public ce week-end

Jérôme Gicquel

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Propriétaire des lieux, le comte Olivier du Boberil a engagé les travaux de restauration du manoir courant 2017.
Propriétaire des lieux, le comte Olivier du Boberil a engagé les travaux de restauration du manoir courant 2017. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Le manoir du Boberil, le plus ancien de Bretagne, ouvre ses portes au public ce week-end pour les Journées du patrimoine.
  • Il a été construit au milieu du XIVe siècle à L’Hermitage près de Rennes.
  • Son propriétaire a engagé il y a deux ans un grand chantier de rénovation avec des matériaux et des techniques d’époque.

Perdu en pleine campagne, sur la route entre L’Hermitage et Mordelles près de Rennes, le manoir du Boberil a perdu de sa splendeur. Inhabité depuis les années 1960, l’édifice est tombé progressivement en ruines. « Quand j’en ai hérité il y a 20 ans, il était dans un état très délabré, assure le comte Olivier du Boberil. Mais je ne voulais pas le laisser s’écrouler car c’est le berceau de ma famille depuis toujours ».

Le manoir du Boberil a été construit au XIVe siècle près de Rennes.
Le manoir du Boberil a été construit au XIVe siècle près de Rennes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Les lieux sont en effet chargés d’histoire. Une datation réalisée à l’été 2017 par des experts de l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap) atteste de sa fondation en 1335, ce qui en ferait le plus ancien manoir de Bretagne. La famille du Boberil y a habité jusqu’à la première moitié du XVIIe siècle avant d’emménager dans le château de Molant à Bréal-sous-Montfort, toujours près de Rennes. « Mes ancêtres ont continué d’y venir quelques fois jusqu’à la fin du XVIIIe siècle avant de le délaisser complètement », raconte le propriétaire.

Le manoir a ensuite été transformé en ferme au XIXe siècle avant de crouler sous le poids des années. « Quand j’ai décidé de le restaurer, j’ai alors découvert l’ampleur du chantier. Mais je ne me suis pas laissé décourager », souligne Olivier du Boberil.

Un chantier avec des matériaux et techniques d’époque

Plus qu’une simple retape, son projet répond aussi à une envie bien précise. « J’ai voulu que le manoir soit restauré avec les mêmes matériaux et les mêmes techniques qu’à l’époque », indique-t-il. Sur le chantier, on ne trouve donc pas de trace de ciment ou de placo. A la place, les ouvriers travaillent sur le gros œuvre avec un mélange de terre, de paille ou de sable.

« C’est local et écolo, complètement dans l’air du temps », sourit Mat Dufaud, chef de chantier pour l’entreprise Lefèvre, spécialisée dans la restauration du patrimoine. « Cela prend plus de temps qu’avec des matériaux classiques mais on sait que cela va résister très longtemps », poursuit-il.

Si tout se passe bien, le gros du chantier devrait être achevé d’ici un an. Le comte pourra alors penser à l’intérieur des lieux et faire revivre ce fief familial vieux de près de sept siècles.

Des techniques ancestrales à découvrir

Pendant les Journées européennes du patrimoine, le public pourra découvrir ces techniques ancestrales comme la fabrication de quenouilles, utilisées pour les planchers, ou la maçonnerie de terre. « C’est important de remettre en valeur ces techniques qui ont peu à peu disparu », assure Olivier du Boberil. Les visites du chantier auront lieu samedi de 10h à 18h et dimanche de 10h à 17h.