Rennes: Les policiers municipaux s'inquiètent de la banalisation des armes

SECURITE La ville a toujours été opposée au port d’arme létale pour ses agents

Camille Allain

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Des renforts sont attendus dans les prochaines semaine pour garnir les rangs de la police municipale.
Des renforts sont attendus dans les prochaines semaine pour garnir les rangs de la police municipale. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une partie des policiers municipaux de Rennes sera en grève ce mardi. Ils entendent dénoncer « la banalisation des armes » chez les personnes qu’ils contrôlent.
  • La police municipale réclame des moyens de protection supplémentaire, comme le pistolet à impulsion électrique.
  • Opposée au port d’arme à feu, la ville de Rennes assure « continuer le dialogue » avec les agents municipaux.

« Ce n’est pas de la peur. Plutôt la crainte qu’il se passe quelque chose de grave un jour ». La plupart des policiers municipaux de Rennes seront en grève ce mardi. Ils entendent dénoncer « la banalisation des armes » et réclamer « des moyens complémentaires de protection ».

Depuis quelques mois, les agents municipaux sont de plus en plus confrontés à la présence d’armes blanches chez les personnes qu’ils contrôlent, assurent-ils. « On trouve beaucoup de couteaux, de plus en plus de hachettes aussi. Et en août, c’était un pistolet », témoigne Jérôme Jourdan, secrétaire du syndicat Force Ouvrière.

Simple ressenti ou véritable problème de fond ? Une source policière nous a confirmé la montée du phénomène dans la capitale bretonne. « Nous avons de plus en plus d’affaires avec des jeunes armés. La semaine dernière, on a retrouvé un couteau avec une lame de 30 centimètres. Les jeunes veulent asseoir leur présence dans le trafic de stups, protéger leur territoire. C’est à celui qui aura la plus grosse », témoigne un policier rennais. 

Un bâton et une bombe lacrymogène

Pour faire face au phénomène, les policiers municipaux réclament qu’un pistolet à impulsion électrique leur soit confié, en plus de la bombe lacrymogène et du bâton de défense dont ils sont déjà équipés. « Il permet de neutraliser quelqu’un sans risque. Si on nous attaque à la machette, il y a peu de chances qu’on s’en sorte avec un tonfa », estime Jérôme Jourdan, qui souligne que la police municipale « ne peut intervenir qu’en cas de légitime défense ».

Ses collègues réclament depuis quelques années d’être équipés d’armes à feu, mais la municipalité rennaise s’y refuse. « Nous sommes opposés aux armes létales. Pour les armes non létales, nous continuons le dialogue. L’équipement a déjà été renforcé et continuera à évoluer », répond la maire de Rennes Nathalie Appéré​. « Je préfère réfléchir à la manière d’augmenter les patrouilles ou d’utiliser la brigade canine ».

La ville compte actuellement 75 policiers municipaux, soit un quart de plus qu’en début de mandat en 2014.