Bizutage : Comment les universités tentent d’éviter les débordements

VIE ETUDIANTE Deux étudiants ont été aspergés de vinaigre lors d’une journée d’intégration à Rennes 1

Camille Allain

— 

Le campus Beaulieu de l'université Rennes 1, ici le 2 septembre 2016.
Le campus Beaulieu de l'université Rennes 1, ici le 2 septembre 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Deux étudiants ont été blessés mardi à l’université Rennes 1. Ils ont été aspergés de vinaigre.
  • La direction de l’établissement a fermement condamné cet acte et envisage des mesures disciplinaires.
  • Les établissements tentent de former les membres d’associations étudiantes afin d’assurer un meilleur encadrement.

Ils ont été attachés les uns aux autres avant d’être aspergés de farine et d’œufs, puis du vinaigre a été projeté. Mardi, deux étudiants en médecine de l’université Rennes 1 ont été blessés aux yeux lors d’une journée d’intégration. L’un d’entre eux a été transporté aux urgences. « Nous condamnons fermement ce qu’il s’est passé. Il est hors de question que ce genre de comportement perdure sur notre campus », assure Ronan Lefort, vice-président à la culture et à la vie étudiante.

« Choquée », la direction de l’établissement a reçu les responsables de l’association à l’initiative de la journée d’intégration pour tenter de faire la lumière sur l’incident. « Des poursuites disciplinaires seront engagées », assurent les responsables de l’université.

« Un gros déficit de connaissance »

Cet incident intervient alors que la fac rennaise vient de mettre au point un plan de formation et de prévention afin d’éviter les débordements lors des rassemblements festifs. « On voit qu’il y a un gros déficit de connaissance du cadre réglementaire », poursuit Ronan Lefort. A Rennes 1, les associations étudiantes sont désormais tenues de déclarer tous leurs événements. Et leurs membres seront formés à la prévention des conduites à risques, à la lutte contre les addictions et reçoivent une formation juridique. « Les organisateurs doivent être responsables. Il faut ancrer les bonnes pratiques », estime le vice-président.

Il y a deux ans, son université avait dû faire face à un drame. Lors d’un week-end d’intégration dans le Morbihan, un étudiant en chirurgie dentaire était décédé, vraisemblablement en raison d’une alcoolisation massive. La famille de la victime avait pris la parole pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Et le gouvernement avait signé dans la foulée une charte avec les étudiants et les établissements d’enseignement supérieur. « La difficulté, c’est que les équipes changent tout le temps dans les associations étudiantes. Il faut toujours répéter », témoigne Edouard Lequertier.

« Prendre la mesure de l’événement »

Président de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire, le Rennais a beaucoup travaillé avec ses équipes depuis la mort de l’étudiant dans le Morbihan. « Il faut continuer à organiser des événements festifs mais il y a des règles à respecter ».

Son association a édité un guide de bonnes pratiques adressé à tous ses bureaux locaux. « On conseille de faire appel à des secouristes, de distribuer de l’eau, d’être vigilant sur la consommation d’alcool. Les organisateurs doivent prendre la mesure de l’événement ». Pas toujours simple quand on a tout juste 20 ans.