Rennes : Ecolo ou pas écolo, le gros tuyau d’eau ?

ENVIRONNEMENT Une canalisation longue de 59 kilomètres doit être construite d’ici 2023 pour sécuriser l’approvisionnement en eau de l’Ille-et-Vilaine

Camille Allain

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Illustration de canalisations d'eau stockées près de Rennes.
Illustration de canalisations d'eau stockées près de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La construction d’un aqueduc de 59 kilomètres entre Rennes et Bains-sur-Oust a été actée en début de semaine.
  • L’équipement doit permettre de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de l’Ille-et-Vilaine et d’une partie du Morbihan.
  • Les élus écologistes de Rennes critiquent le coût du projet et son caractère « inutile ».

C’est une canalisation enterrée longue de 59 kilomètres. Un gros tuyau de 60 à 70 centimètres de diamètre baptisé « aqueduc Vilaine Atlantique » qui doit « sécuriser l’alimentation en eau potable » en Ille-et-Vilaine. Et permettre de relever un immense défi : répondre à la hausse constante de la consommation d’eau pendant que les ressources se fragilisent.

Cet imposant projet, évalué à 50 millions d’euros, devrait être achevé en 2023 et relier Bains-sur-Oust, près de Redon, à Rennes. Les deux plus grosses usines de traitement des eaux situées à Férel (Morbihan) et dans le quartier de Villejean, à Rennes, seront ainsi interconnectées. « Chaque année, nous sommes de plus en plus justes en quantité. Cet aqueduc nous permettra d’apporter l’eau là où nous en avons besoin sans créer de nouveaux prélèvements », précise Antoine Deconchy, ingénieur au SMG 35, syndicat chargé de l’alimentation en eau du département.

« Un grand projet inutile »

Cette canalisation est la troisième et dernière tranche d’un maillage entamé il y a plus de dix ans. « Elle a l’avantage de fonctionner dans les deux sens. On peut donc sécuriser à la fois Rennes et le littoral du Morbihan », poursuit l’ingénieur. Moins peuplée en été, Rennes pourra donc partager son eau avec les très touristiques stations balnéaires de la côte sud, de Vannes à Saint-Nazaire.

En cette période de sécheresse, le procédé est déjà utilisé pour abreuver la région de Vitré, dont les cours d’eau s’assèchent dangereusement cette année. Ces arguments ne convainquent pas pour autant les élus écologistes de Rennes, farouchement opposés à la construction de l’aqueduc. « Un grand projet inutile » et « une absurdité géographique et hydrographique », selon le groupe politique. « C’est un projet conçu dans les années 1990 qui ne répond pas aux enjeux de réchauffement climatique. Il faut agir sur la consommation ou remplacer nos canalisations », répond Laurent Hamon. L’élu écologiste, membre du syndicat Eau du bassin rennais est formel. « Nous n’avons pas besoin de cette canalisation. Nous sommes capables de subvenir à nos besoins. »

« Notre idée ce n’est pas opposer les politiques, plutôt de les cumuler. Avec la hausse de population, nous aurons besoin à la fois d’économiser et à la fois d’optimiser », répond l’ingénieur Antoine Deconchy.

D’après l’Institut de la consommation, un foyer de quatre personnes consomme en moyenne 120.000 litres d’eau par an, soit 145 litres par jour et par personne.