Illustration d'une école en filière bilingue français breton, à Rennes.
Illustration d'une école en filière bilingue français breton, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

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Rentrée scolaire : Faut-il enseigner le breton dans toutes les classes pour sauver la langue ?

Des associations militent pour une généralisation de l’apprentissage

  • Le conseil régional de Bretagne s’est félicité d’ouvrir 16 nouvelles classes bilingues pour cette rentrée.
  • Dans le même temps, le nombre d’enseignants reste limité, notamment en raison de l’éloignement des centres de formation.
  • Des associations demandent un enseignement pour tous, à l’image de l’anglais.

« Deskit brezhoneg ». « Apprenez le breton » en version française. Pour ne pas voir sa langue s’éteindre, la Bretagne se mobilise. Mardi, le conseil régional s’est félicité d’ouvrir 16 nouvelles classes bilingues pour cette rentrée, portant à près de 19.000 le nombre d’élèves scolarisés dans la filière. « On n’avait jamais ouvert autant de classes », se réjouit Lena Louarn.

« Il y a encore trop de zones blanches »

Ce même jour, la vice-présidente de la région chargée des langues a invité le recteur à Dinard pour tenter de le convaincre de la nécessité de développer l’enseignement du breton dans la région. « On manque de continuité, il y a encore trop de zones blanches », poursuit l’élue. L’exemple de la côte nord d’Ille-et-Vilaine est frappant. Après le primaire, les enfants scolarisés en filière bilingue à Saint-Malo, ou désormais à Dinard,​ n’auront d’autre choix que de rejoindre Rennes pour trouver un collège bretonnant. Ce qu’aucune famille ne fera. « C’est malheureux. Mais la filière va s’étoffer », avance Lena Louarn.

Le souci du maillage territorial se pose aussi pour les enseignants. Le seul centre de formation public se trouve à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor). « C’est sans doute l’endroit le moins bien positionné géographiquement », soupire Renan Kerbiquet, secrétaire de Kelennomp, association de professeurs de breton.

« On le fait bien pour l’anglais »

Lui plaide pour un enseignement généralisé du breton à l’école. « On le fait bien pour l’anglais ! Tous les enfants devraient y être initiés pour découvrir la langue, la culture. » Pour y parvenir, il faudrait former tous les enseignants intervenant dans l’académie. Un vaste programme quand on sait qu’il ne reste que 200.000 brittophones dans les cinq départements. « C’est un sujet sensible comme dans toutes les régions où les langues régionales sont fortes. Il faut recruter des enseignants de qualité mais il y a très peu de candidats », répond le recteur Emmanuel Ethis.

Pour tenter de bâtir un réseau plus uniforme, la région avait signé en 2015 une convention avec l’État. Un texte pas toujours respecté et qui « manque d’ambitions » selon Kelennomp. « En 2016, nous avions pu recruter 50 enseignants. L’an dernier, on était à 17, alors que la demande n’a jamais été aussi forte. L’État a organisé une pénurie d’enseignants », tacle Renan Kerbiquet. « Je ne pense pas que l’on puisse parler de pénurie. Il y a un vivier qui existe », tempère Lena Louarn.

Pour tenter d’inciter les futurs enseignants à opter pour le breton, le conseil régional offre des aides financières couvrant une partie des frais de déplacement et d’hébergement.