Rennes: La justice ordonne l'expulsion des 95 occupants du squat d'Estrémadure

SOCIAL L'immeuble du bailleur social Archipel Habitat est occupé depuis octobre par une centaine de personnes en exil

20 Minutes avec AFP

— 

Le squat d'Estrémadure se trouve quartier du Blosne, au su de Rennes.
Le squat d'Estrémadure se trouve quartier du Blosne, au su de Rennes. — Google street view

La justice a ordonné mercredi l’évacuation du squat d’Estrémadure à Rennes, a-t-on appris de sources concordantes. Cet immeuble de quatre étages appartenant au bailleur social  Archipel Habitat est occupé depuis plus de six mois par 95 migrants. Le tribunal de grande instance de Rennes a requis leur départ et, dans l’attente, « ordonné le versement d’une indemnité d’occupation », a déclaré dans un communiqué l’office public de l’habitat de RennesMétropole.

« Cette décision reconnaît les droits d’Archipel Habitat et les préjudices supportés par le bailleur social en raison de la situation », indique l’organisme. Il souhaite voir cette décision mise en œuvre « dès que possible » et que « des solutions de relogement conformes à leur statut soient proposées aux occupants ».

Réquisitionné par un collectif

L’immeuble de 18 appartements, situé dans le quartier du Blosne, dans le sud de Rennes, est squatté depuis le 17 octobre par des migrants originaires principalement d’Afrique et d’Europe de l’Est. Loué depuis des années sous conditions de ressources à des sapeurs-pompiers professionnels, il devait être restitué en novembre dernier à son propriétaire Archipel Habitat pour être transformé initialement encentre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) puis en Centre d’hébergement d’urgence.

Mais il a été réquisitionné par le collectif rennais « Groupe Logement du 14 octobre » pour mettre à l’abri des personnes sans domicile venues de Tchétchénie, Géorgie, Albanie, Somalie, Angola, Erythrée, Azerbaïdjan ou encore d’Afghanistan.

Deux mois pour quitter les lieux

Archipel Habitat, qui a signé une convention d’occupation jusqu’au 31 mars avec l’association Habitat et Humanisme mais souhaite désormais que le bâtiment soit libéré, a fait délivrer le 2 avril, par voie d’huissier, une assignation aux occupants.

Selon Me Irène Thébault, qui défend les occupants, le tribunal « a octroyé un délai de deux mois aux occupants pour quitter les lieux mais ce délai débutera au moment où Archipel Habitat aura fait commandement par huissier aux occupants de quitter les lieux ». « Je voudrais que les occupants soient hébergés dans des centres d’hébergement mais il n’y a pas de place », a-t-elle regretté.

Archipel Habitat loge près de 30.000 personnes à Rennes et dans ses environs.