Rennes: Rue de la soif, la bière se déguste en libre-service

CONCEPT Le nouveau bar Monsieur le Zinc permet de se servir soi-même et de choisir la quantité voulue

Manuel Pavard

— 

Une fois la carte insérée dans l'ex-pompe à essence convertie en tireuse à bière, on se sert la quantité de bière souhaitée.
Une fois la carte insérée dans l'ex-pompe à essence convertie en tireuse à bière, on se sert la quantité de bière souhaitée. — M. Pavard / 20 Minutes
  • La franchise Monsieur le Zinc vient d'ouvrir son premier bar en province, à Rennes.
  • Les clients se servent eux-mêmes sur les tireuses à bière et les machines à vin.
  • Le système permet de commander exactement la quantité de bière voulue et de payer selon le nombre de décilitres consommés.

Au premier coup d’œil, Monsieur le Zinc ressemble à la dizaine d’autres bars alignés le long de la rue Saint-Michel, la mythique « rue de la soif » rennaise : des tables et chaises, un comptoir et derrière le zinc, un barman. Mais n’attendez pas de René Boüan, le maître des lieux, qu’il vous serve votre demi. Ici, on est autonome et on remplit soi-même son verre.

En tournant la tête, on est d’ailleurs très vite interpellé par de drôles de machines sorties tout droit des décennies passées. Ces huit pompes à essence vintage ont été converties en tireuses à bière en self-service. C’est en effet le concept, inédit à Rennes, de Monsieur le Zinc. Après avoir lancé quatre bars du même tonneau à Paris, depuis 2015, la franchise a ouvert début mars son premier bar en libre-service en province, sur l’emplacement du Sympatic, fermé il y a un an.

On remplit le verre avec la quantité de bière souhaitée

À 29 ans, René Boüan a quitté son ancien job de directeur du Decathlon de Blois pour revenir gérer un bar dans sa ville natale. Il détaille ce fameux concept : « On reçoit une carte qu’on charge avec le montant de son choix, puis on l’insère dans la tireuse. Le crédit disponible apparaît, on remplit le verre avec la quantité précisément souhaitée et le montant restant sur la carte diminue au fur et à mesure. »

Pour la plupart des clients, c’est bien là l’atout numéro un de Monsieur Le Zinc. Si la pinte coûte entre 4 et 6,50 euros – le demi allant donc de 2 à 3,25 euros –, il est tout à fait possible de boire pour 1,68 euros ou 3,23 euros. La carte est ainsi débitée en fonction du nombre précis de décilitres tirés. « C’est vraiment top pour les fins de soirée où tu n’as plus qu’une pièce dans la poche », apprécie Maël, un client de passage pour la troisième fois. « Dans un bar classique, il faut forcément avoir un minimum d’argent pour consommer mais ici, tu peux même te servir un fond de godet. »

« On a autant de contacts avec les clients et ça nous dégage même plus de temps »

Outre la bière (alsacienne, bière d’abbaye belge, bière artisanale bio, etc), l’établissement propose également trois machines à vin et une machine à shooters, toutes en libre-service. Inévitablement, la question vient à l’esprit : plus d’automatisation veut-il dire moins d’échanges humains ? « Ça ne change rien, rétorque René Boüan. On a autant de contacts et de discussions avec les clients que dans un bar classique et je dirais même que ça nous dégage plus de temps. Quand un barman doit enchaîner les mojitos à préparer, il n’est pas très disponible alors que moi, je suis là pour conseiller. »

Ouvert depuis un mois et demi, Monsieur Le Zinc n’a « pas encore totalement trouvé sa vitesse de croisière », même si le fait de pouvoir repartir avec un crédit permet de fidéliser la clientèle. Le principal écueil, souligne René Boüan, est l’absence de terrasse, particulièrement préjudiciable avec l’arrivée des beaux jours. « On n’a pas encore le droit de terrasse accordé par la mairie mais ça ne devrait pas tarder », indique-t-il. Et pour dynamiser leur troquet, le gérant et ses deux salariés ne manquent pas d’idées… à découvrir ces prochains mois.