Rennes: Parviendrez-vous à sauver une seconde fois le capitaine Dreyfus?

ESCAPE GAME Le Musée de Bretagne accueille ce week-end un jeu original consacré à l’affaire Dreyfus

Manuel Pavard

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Les étudiantes de Sciences Po Rennes ont commencé à installer l'escape game jeudi 4 avril.
Les étudiantes de Sciences Po Rennes ont commencé à installer l'escape game jeudi 4 avril. — M. Pavard / 20 Minutes
  • Le Musée de Bretagne accueille de vendredi à dimanche un escape game sur l'affaire Dreyfus, conçu par quatre étudiantes de Sciences Po Rennes.
  • Ville emblématique de l'affaire Dreyfus, Rennes fut le théâtre du procès en révision du capitaine en 1899.
  • L'objectif du jeu est de sauver un personnage en résolvant des énigmes.

C’est l’une des affaires les plus emblématiques de l’histoire de France. De 1894 à 1906, l’affaire Dreyfus, du nom de ce capitaine accusé à tort de trahison, a profondément divisé la société française, révélant un antisémitisme latent durant la Troisième République.

Cet épisode a eu une résonance toute particulière à Rennes, où s’est tenu le procès en révision d’Alfred Dreyfus, en 1899. Cent vingt ans après, le Musée de Bretagne propose aux visiteurs de rejouer une seconde fois ces événements historiques.

Cet escape game éphémère s’y installera de vendredi à dimanche, dans l’espace accueillant habituellement une exposition permanente sur l’affaire Dreyfus. Le concept a été imaginé par quatre étudiantes de Sciences Po Rennes, qui ont répondu à un appel d’offres du Musée de Bretagne. Objectif, précise Claire, l’une des organisatrices : « démocratiser la culture en attirant les 15-30 ans », une tranche d’âge souvent peu friande des musées et plus alléchée par ce type de jeu.

« Sauver une personne en résolvant des énigmes »

Contrairement à un escape game classique, il ne s’agit pas ici de s’échapper d’une pièce. Celui-ci est « à visée historique, explique Claire. Il faut finir le jeu et sauver une personne en résolvant des énigmes ». Si les participants doivent logiquement venir à la rescousse du capitaine Dreyfus, impossible de dévoiler d’autres détails du scénario sans risque de les spoiler.

L’escape game, d’une durée de 45 à 50 minutes en moyenne, se déroulera avec « des séances de dix personnes, scindées en deux groupes de cinq », consent néanmoins à dire l’étudiante. Deux équipes qui ne seront pas en compétition mais associées. « Chacun des groupes doit trouver un élément de réponse avant de résoudre ensemble une dernière énigme », ajoute-t-elle.

« On ne veut pas brouiller les esprits »

Les personnes inquiètes de leurs lacunes historiques peuvent en tout cas se rassurer. Il n’est « pas obligatoire de posséder des connaissances préalables sur l’affaire Dreyfus », indique Claire, soulignant qu’un point historique est prévu à l’accueil et que les organisatrices ont elles-mêmes « rappelé la chronologie des faits sur les réseaux sociaux » ces dernières semaines.

Mais l’étudiante tient aussi à contenter les plus érudits et les plus pointilleux : « On a mis en place un cadre fictif mais sans changer le cours de l’histoire. On ne veut pas brouiller les esprits, on a quand même un objectif pédagogique. »