Rennes 2: L’affaire du professeur accusé d’agression raciste crée toujours des remous sur le campus

INFO «20 MINUTES» Le directeur du département histoire a demandé que la section disciplinaire soit délocalisée dans une autre université

Manuel Pavard

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Le campus Villejean de l'université Rennes 2.
Le campus Villejean de l'université Rennes 2. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un mois et demi après, l'affaire du professeur accusé d'avoir insulté et agressé un étudiant ivoirien continue de faire des vagues à Rennes 2.
  • L'enseignant a demandé une délocalisation de la commission disciplinaire chargée de statuer sur son cas.
  • Sa présence sur les listes du jury de fin d'année en licence d'histoire est également contestée.

L’affaire avait défrayé la chronique à Rennes 2. Le 13 février dernier, le directeur du département histoire de l’université aurait, durant son cours, insulté et violemment bousculé un étudiant ivoirien, se moquant notamment de son accent. Ce dernier souhaitait prendre la parole pour appeler à la mobilisation contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers.

Plusieurs témoins présents ce jour-là dans l’amphithéâtre avaient fait part du « choc » ressenti devant ce qui leur apparaissait clairement comme une « agression raciste ». Les faits avaient suscité une véritable levée de boucliers sur le campus, nombre d’étudiants réclamant des sanctions claires. L’enseignant n’avait cependant pas été suspendu à titre conservatoire mais la présidence de Rennes 2 avait néanmoins saisi la section disciplinaire.

La demande de dépaysement étudiée vers la mi-avril

Plus d’un mois et demi a passé et le dossier continue de créer des remous sur le campus de Villejean. Selon nos informations, des doutes planaient notamment depuis quelque temps sur la tenue à Rennes de la commission précitée. Ce lundi, la présidence de l’université a finalement dissipé les interrogations.

Elle indique ainsi à 20 Minutes que le professeur d’histoire « a fait une demande de dépaysement de la section disciplinaire ». Celui-ci souhaiterait donc que la commission soit « délocalisée dans une autre université », poursuit la présidence. La balle est maintenant dans le camp du Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui devrait statuer sur la question vers la mi-avril.

L’enseignant serait toujours membre du jury de fin d’année

Autre source de discorde : l’enseignant serait, d’après l’arrêté officiel communiqué aux étudiants, toujours membre du jury de fin d’année pour la 3e année de licence d’histoire. « La présidence a pris des dispositions pour qu’il ne se retrouve plus factuellement avec des élèves, sinon ça risquerait de partir en vrille, mais les mesures prises ne vont pas plus loin », déplore un étudiant, craignant notamment « des représailles de sa part envers certains étudiants mobilisés contre lui dans cette affaire ».

Pas de commentaires sur ce point de la présidence de Rennes 2, qui ne confirme pas non plus – ni n’infirme - l’information. Une source interne souligne toutefois que « le professeur n’étant pas suspendu de ses fonctions, il a théoriquement toujours le droit de faire partie du jury ».