Rennes 2: Le cas du professeur accusé d’agression raciste continue de diviser

UNIVERSITÉ Son cours programmé ce lundi a été annulé par mesures de sécurité

Manuel Pavard

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Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2. Ici le 17 mai 2018, lors de l'annulation des examens.
Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2. Ici le 17 mai 2018, lors de l'annulation des examens. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le directeur du département histoire de Rennes 2, accusé d'agression raciste sur un étudiant ivoirien, devait reprendre les cours ce lundi.
  • La présidence de l'Université a préféré annuler ses cours, jugeant que les conditions n'étaient pas réunies.
  • L'instruction est en cours devant la section disciplinaire mais les syndicats étudiants réclament une suspension provisoire.

L’information est tombée sous la forme d’un mail laconique envoyé dans la matinée à ses étudiants : votre professeur « ne pourra pas assurer son cours ce jour. Une date de rattrapage vous sera communiquée ultérieurement. » Un peu plus de 10 jours après l’affaire ayant défrayé la chronique sur le campus, le directeur du département histoire de Rennes 2 devait reprendre ses cours ce lundi. Mais ceux-ci « ont été annulés car les conditions n’étaient pas réunies pour qu’il puisse faire cours sereinement », indique la présidence de l’Université, qui précise « travailler sur un aménagement des cours ».

Le professeur d’histoire est accusé d’avoir agressé et insulté un étudiant, le 13 février, journée de mobilisation contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Selon les témoignages recueillis par 20 Minutes, l’enseignant aurait violemment pris à partie et bousculé un étudiant ivoirien qui souhaitait prendre la parole durant son cours. Il se serait ensuite moqué du jeune homme en imitant son accent africain.

Les syndicats réclament une suspension à titre conservatoire

Des faits qualifiés « d’agression raciste » par des étudiants en Master enseignement présents ce jour-là dans l’amphithéâtre. Certains d’entre eux, à l’instar de Loïc et Thibault*, avaient d’ailleurs indiqué leur intention de « quitter l’amphi » au cas où l’enseignant reviendrait faire cours à la rentrée.

Dans un communiqué transmis le 21 février, la présidence a annoncé qu’elle saisissait la section disciplinaire enseignants afin de statuer sur ce dossier. En attendant les conclusions, le professeur peut théoriquement continuer à faire cours, au grand dam des syndicats étudiants. Depuis le début, ces derniers réclament à l’unanimité « une suspension à titre conservatoire et une démission de ses fonctions de directeur du département histoire », souligne Clément, militant à Solidaires et élu étudiant au conseil d’administration.

Il s’inquiète également du calendrier de l’enquête interne : « Le temps que l’instruction se termine et que le jugement soit prononcé, ça peut prendre trois ou quatre mois et ses cours seront déjà finis. Espérons que l’affaire les pousse à agir plus vite. »

*Prénoms d’emprunt