«Gilets jaunes» à Rennes: Édouard Philippe promet d’indemniser les commerçants

GILETS JAUNES Excédés, les commerçants rennais demandent des compensations à l’État et à la Ville

M.Pa.

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Des gilets jaunes défilent dans les rues de Rennes, le 19 janvier 2019.
Des gilets jaunes défilent dans les rues de Rennes, le 19 janvier 2019. — Damien Meyer / AFP
  • Après trois mois de manifestations des «gilets jaunes», les commerçants rennais se plaignent de résultats économiques catastrophiques.
  • En visite à Rennes ce vendredi, Edouard Philippe a promis que Rennes pourrait bénéficier du fonds de soutien débloqué par l'Etat.
  • Les commerçants demandent également une pacification du centre-ville et ont soumis à la municipalité une liste de mesures destinées à redynamiser le commerce.

Trois mois de manifestations, soit douze samedis consécutifs, dont les quatre derniers marqués par des heurts en centre-ville, le tout lors d’une période – les fêtes de fin d’année et les soldes – traditionnellement fructueuse pour les commerces… Depuis la mi-novembre, le mouvement des « gilets jaunes » a fortement touché les commerçants rennais, en matière de fréquentation comme de résultats économiques.

Les chiffres présentés jeudi par la Chambre de commerce et d’industrie et deux associations locales de commerçants sont ainsi éloquents. Selon leur enquête, sur la fin 2018, « 38 % des commerçants du Pays de Rennes ont vu leur chiffre d’affaires baisser jusqu’à -20 % et 34 % de -20 à -40 % ». Quant aux dépôts de bilan, ceux-ci ont augmenté de 10 % en janvier, d’après les estimations du tribunal de commerce.

Rennes éligible au fonds de soutien

Ce contexte a poussé les commerçants à hausser le ton à l’égard des autorités. Profitant de la visite d’Édouard Philippe, venu ce vendredi à Rennes signer le pacte d’accessibilité, leurs représentants ont pu brièvement l’interpeller. Le Premier ministre leur a confirmé ce qu’il avait promis la veille à la maire de Rennes Nathalie Appéré : « Rennes sera éligible au fonds de soutien débloqué par l’État. »

Matignon s’engage ainsi à affecter une enveloppe globale de trois millions d’euros pour indemniser les villes les plus touchées par le mouvement des « gilets jaunes ». À charge pour les autorités locales de mettre en œuvre les modalités précises. « Cela répond à une partie de nos inquiétudes », se félicite Charles Compagnon, restaurateur et président de l’association le Carré rennais. « Mais avant l’argent, ce qu’on veut, c’est pacifier le centre-ville. »

Une liste de revendications pour la ville

Les commerçants rennais ont d’ailleurs dressé une liste de revendications destinées à la ville de Rennes. Parmi elles, l’exonération des droits de terrasse et des droits de place pour les commerçants des marchés pendant quatre mois, la gratuité des transports en commun et les deux premières heures de parkings offertes un samedi par mois ou encore un grand plan de communication en faveur du commerce du centre-ville, chiffré à 400.000 euros.

« Ces demandes sont adressées à la ville mais on n’attend pas forcément que ce soit elle qui paye, explique Charles Compagnon. Si elle profite des fonds de l’État pour lancer un vrai plan de relance, tant mieux ! » Pour les commerçants rennais, qui attendent la réactivation de la cellule de crise de 2016, « ces demandes ambitieuses sont à la hauteur des préjudices subis ». Car, ajoute Charles Compagnon, « au niveau comptable, le pire est devant nous ».