Rennes: Pourquoi certaines écoles adopteront des cours de récré «non genrées»

EDUCATION La ville entend ainsi «lutter contre les stéréotypes»...

C.A. avec AFP

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Illustration de la cour de récréation d'une école, ici à Rennes.
Illustration de la cour de récréation d'une école, ici à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

On appelle cela une « occupation inégalitaire de l’espace ». Dans les cours d’écoles françaises, les garçons jouent au centre et les filles sont reléguées sur les côtés. Pour lutter contre ce phénomène, la ville de Rennes va doter ses nouvelles écoles de cours de récréation « non genrées ».

Les cours de deux nouveaux groupes scolaires (maternelle et primaire) attendus en 2023 devront disposer « d’espaces de jeux diversifiés, appropriables par tous (non genrés) et participant au bon climat scolaire », peut-on lire dans une délibération du conseil municipal. Une expérience similaire a déjà été amorcée à Trappes, dans les Yvelines.

« Les enfants sont imprégnés de l’idée d’une inégale valeur entre ce qui est féminin et masculin et la mixité ne garantit pas l’égalité filles-garçons », justifie Geneviève Letourneux, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes.

« Un sentiment d’injustice »

Dans une enquête parue en novembre, l’Unicef soulignait que la cour de récréation était «un espace difficile à partager où les jeux des garçons sont le plus souvent priorisés (…) Ils sont au centre, elles sont sur le côté ». A la clé, « un sentiment d’injustice partagé collectivement par le groupe des filles ».

« Les filles intègrent très tôt l’idée que l’espace central de la cour n’est pas leur place. Elles vont se restreindre physiquement dans leurs mouvements, mais aussi mentalement », souligne Chris Blache, cofondatrice de la plateforme Genre et Ville, selon qui les garçons sont « presque contraints socialement à aimer le foot et à y exceller ».

Fini le terrain de foot à bandes blanches

A Rennes, la réflexion porte autant sur l’aménagement que sur les activités. « Nous en sommes aux prémices, l’idée est aussi de choisir les activités les moins genrées », souligne Geneviève Letourneux, qui souhaite « éviter que certains espaces soient dédiés à un usage unique ». Fini donc le terrain de foot matérialisé par des bandes blanches au sol.

Selon la Direction de l’éducation et de l’enfance (DEE), les premières consultations d’écoles réalisées amènent à « privilégier des cours où les enfants peuvent se raconter des histoires » avec des jeux « dont le design participe à la création d’histoires ». Les enfants veulent jouer au foot et au basket mais aussi « au loup, lire, faire du vélo ou observer des insectes dans l’herbe », précise la DEE. La mairie veut aussi former le personnel périscolaire aux inégalités filles-garçons.