Immobilier: Rennes profite de l’effet LGV mais échappe à «la horde de Parisiens»

IMMOBILIER Le marché immobilier demeure sain dans la capitale bretonne selon les notaires, même si les prix sont en hausse...

Camille Allain

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Des maisons ont été construites sur le toit d'un parking, dans le quartier de Villejean à Rennes.
Des maisons ont été construites sur le toit d'un parking, dans le quartier de Villejean à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le marché de l’immobilier a battu un record du nombre de transactions en 2018 en Ille-et-Vilaine.
  • Mais le marché reste «sain» selon les notaires qui évacuent tout risque de bulle spéculative, même à Rennes.
  • La capitale bretonne voit tout de même arriver de plus en plus de Parisiens depuis la livraison de la LGV.

Depuis juillet 2017, Rennes n’est plus qu’à une heure trente de Paris en train. A-t-on pour autant assisté à un débarquement de Parisiens comme certaines l’annonçaient ? La métropole bretonne est-elle devenue la deuxième banlieue de la capitale française ? Pas encore, à en croire les notaires du département. Mais la tendance est à la hausse.

Il confesse avoir été sceptique quant à l’effet LGV. Mais Matar Charpentier reconnaît aujourd’hui que la réduction du temps de parcours « a eu un impact sur le marché immobilier en 2018 ». Notaire à Rennes, il a vu bon nombre d’investisseurs franciliens opter pour la capitale bretonne. « Des gens qui pensaient acheter à Levallois-Perret ou ailleurs et qui voyaient des offres intéressantes à Rennes », explique le notaire.

« Loin d’avoir une horde de Parisiens »

Dans le neuf, 13 % des particuliers qui investissent habitent Paris ou les environs. Le chiffre était de 5 % il y a deux ans. « Mais on est loin d’avoir une horde de Parisiens », tempère le notaire.

Récapitulatif des prix de l'immobilier à Rennes en 2018.
Récapitulatif des prix de l'immobilier à Rennes en 2018. - Chambre des notaires

Le professionnel de l’immobilier a en tête l’exemple bordelais. Depuis qu’elle s’est rapprochée de Paris, la Cité du vin a vu ses prix bondir, emportés par l’appétit de Franciliens au portefeuille bien rempli. « A mon avis, Bordeaux est surcoté », analyse le notaire rennais.

Très attractive, la capitale bretonne a pourtant concentré 75 % des transactions immobilières du département l’an dernier. Et porté le marché jusqu’à son niveau record. En 2018, 24.000 transactions ont été enregistrées en Ille-et-Vilaine. « Mais ce n’est pas un marché spéculatif. C’est sain. Les gens achètent pour se loger », assure Gwendal Texier, président de la chambre des notaires d’Ille-et-Vilaine.

Un prix médian à 2.500 euros du mètre carré

Avec un prix médian de 2.550 euros du mètre carré dans les appartements anciens, Rennes se place à la 9e place du classement national (hors Paris). Bien loin du leader Bordeaux (4.170 euros) et en dessous de sa voisine Nantes (2.830 euros). « On peut avoir des prix élevés dans le centre, à la gare, à Saint-Hélier ou au Thabor. Mais les prix sont maîtrisés », assure le président.

Le constat est d’ailleurs le même dans la première couronne. Les prix ont flambé à Saint-Grégoire car « tous les cadres sup’veulent aller là-bas ». Mais restent stables à Pacé, Cesson ou Chantepie, preuve d’un marché relativement contenu malgré l’attractivité. « Sauf que les chiffres cachent parfois une baisse de la surface. Les gens achètent au même prix mais avec une pièce de moins », relève Anne-Cécile Dardet-Caroff, notaire à Redon.

Des terrains plus petits

Le même phénomène se produit dans les terrains à bâtir. Pressées par la raréfaction du foncier​, les communes tentent de concentrer les lotissements, réduisant de fait la taille des parcelles. « A Liffré, le plan local d’urbanisme impose 30 logements à l’hectare. Il y a dix ans, on était à 21 », résume le président départemental.