Rennes: Pourquoi la grève des conducteurs de bus s’éternise

TRANSPORTS Des débrayages quotidiens ont lieu depuis près de deux mois sur le réseau Star...

Camille Allain

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Illustration d'un bus bondé à Rennes.
Illustration d'un bus bondé à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Trois syndicats de conducteurs de bus ont lancé des appels à débrayer depuis mi-novembre à Rennes. Déjà bondées, certaines lignes saturent. Les usagers aussi.
  • Les conducteurs se plaignent de la dégradation de leurs conditions de travail, notamment en raison de la hausse du trafic.
  • La direction a plusieurs fois reçu les syndicats et promet de nouvelles avancées.

Le mouvement de grève a commencé le 14 novembre. Quand prendra-t-il fin ? Impossible à dire. Depuis près de deux mois, trois syndicats de conducteurs de bus du réseau Star ont lancé des appels à débrayer. Tous les jours, sauf le mercredi et le dimanche, les usagers de Rennes Métropole doivent composer avec des bus supprimés à certaines heures de la journée. Quant à ceux qui circulent, ils sont bondés. « Les réclamations se multiplient », glisse-t-on en interne chez Keolis.

« Des temps de parcours impossibles à tenir »

Les raisons de la grogne ne sont pas à chercher bien loin. Victime de son attractivité, Rennes voit le nombre de voyageurs augmenter dans ses bus. Mais les véhicules ne sont plus assez nombreux et les conducteurs sans cesse sous tension. « Cela fait plus d’un an que l’on prévient de la dégradation de nos conditions de travail. On nous impose des temps de parcours impossibles à tenir. Les conducteurs n’ont plus le temps de souffler », résume Christian Demay.

Le secrétaire de la CGT travaille chez Keolis depuis près de dix ans. Et comme bon nombre de ses collègues, il est régulièrement pris à partie par des voyageurs excédés. « Quand les gens tapent sur les portes d’un bus bondé pour monter, ce n’est agréable pour personne ».

La direction a « apporté beaucoup de réponses »

Contactée, la direction de Keolis assure avoir « apporté beaucoup de réponses aux revendications des syndicats » et « fait évoluer l’organisation des plannings ». « Nous nous appuyons sur les retours des conducteurs. Nous avons renforcé notre offre en novembre et nous le ferons de nouveau en janvier », promet le DRH du groupe Jean-Baptiste Prado.

La ligne 57 menant à l’aéroport a dû être renforcée après avoir connu des moments délicats. « En novembre, on était plein dès l’aéroport. On ne pouvait plus prendre personne jusqu’à République. Imaginez la tête des gens qui ne pouvaient pas monter », se souvient le secrétaire de la CGT.

Après un mois et demi de débrayages incessants qui chamboulent son organisation, la direction de Keolis admet recevoir de plus en plus de retours d’usagers mécontents. « C’est difficilement lisible pour eux. Les débrayages sont parfois le matin, parfois le soir ou toute la journée. Il faut que ça cesse », estime le DRH. Le taux de grévistes oscille entre 10 et 25 % selon les jours. Mais est bien supérieur chez les agents de maintenance qui sont également entrés dans le mouvement.

« La direction va faire des propositions »

Pour tenter d’éteindre l’incendie, Keolis va rencontrer les syndicats jeudi et leur proposer d’avancer la date des négociations annuelles obligatoires. « La direction va faire des propositions concrètes et proposera des avancées », promet le responsable des ressources humaines. Mais rien ne dit que cela suffira à calmer la colère.