La façade de l'Hôtel de ville de Rennes mise en lumière pour Noël, ici en 2015.
La façade de l'Hôtel de ville de Rennes mise en lumière pour Noël, ici en 2015. — C. Allain / 20 Minutes

NOEL

Bretagne: Les monuments usent (et abusent?) du mapping pour se parer de couleurs pour les fêtes

Les spectacles de lumières sont de plus en plus nombreux dans la région...

  • Inspirées de la Fête des lumières de Lyon, les mises en lumière de bâtiments se multiplient en Bretagne pour les fêtes de fin d’année.
  • La mairie de Rennes, le château de Vitré, ou les abbayes de Paimpont et Bon-Repos proposent des spectacles de mapping.
  • Très tendance, le mapping a tendance à se "standardiser", selon certaines artistes, qui craignent un risque de "saturation" du public.

Voilà bon nombre d’années que l’Hôtel de ville de Rennes accueille un spectacle de lumières pour Noël. L’été, c’est son voisin le parlement qui aime se mettre en valeur à la nuit tombée. Inspirés de la célèbre Fête des Lumières à Lyon, ces spectacles sont de plus en plus nombreux au moment des fêtes de fin d’année en Bretagne. Le phénomène a déjà frappé les châteaux de Nantes et Vitré, ou encore les abbayes de Paimpont et Bon-Repos (Côtes d’Armor).

Adieu les diapositives projetées sur les façades. Aujourd’hui, les artistes font du « mapping » 100 % numérique. « Ce n’est pas un phénomène nouveau et cela fait bien longtemps qu’il y a des mises en lumière de bâtiments. Ce qui a changé, c’est la technologie », résume Damien Fontaine. Le metteur en scène a travaillé trois mois sur le spectacle Vitré lumières projeté depuis samedi sur le château. « L’important, c’est d’avoir une écriture artistique, de proposer un scénario, pas seulement une technologie », estime le metteur en scène.

Grâce à l’émergence de logiciels de création, le « mapping » a connu un véritable essor ces dernières années. Plus faciles à monter, les projections sont devenues des bijoux de précision, faisant la renommée de Lyon. « C’est le public qui en demande davantage. C’est comme au cinéma, les gens attendent des effets spéciaux », poursuit Damien Fontaine. Et la création a un coût. Entre 100 et 120.000 euros pour les 16 minutes de spectacle à Vitré.

« On risque de saturer »

La multiplication des œuvres numériques suscite cependant l’inquiétude de certains artistes créateurs. Yann Nguema en sait quelque chose. Le membre du groupe de musique Ez3kiel a été retenu par la ville de Rennes pour réaliser la projection sur l’Hôtel de ville qui débute ce vendredi. « Si les villes proposent toutes le même format, on risque de saturer. Depuis quelques années, on voit toujours un peu la même chose », regrette l’artiste.

Engagé depuis presque vingt ans dans la projection d’images, il essaye de « modifier les codes » et de proposer un « mapping plus expérimental ». « On voit souvent les mêmes couleurs, les mêmes effets. C’est important d’oser une écriture différente », assume Yann Nguema. Son œuvre intitulée Carrousels propose une lecture poétique et très esthétique assez éloignée des petits contes de Noël proposés ces dernières années sur la façade de la Mairie. Le public va-t-il s’y retrouver ? « C’est difficile à dire. Le mapping ne se consomme pas comme un concert. On est dans l’anonymat », glisse l’artiste.