Rennes: Et si la dalle du Colombier disparaissait au profit d’un grand centre commercial?

URBANISME Une étude menée par la ville a mesuré le potentiel d’une extension du centre Colombia...

Camille Allain

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La dalle du Colombier, à Rennes, et la tour de l'Eperon, imaginée par Louis Arretche.
La dalle du Colombier, à Rennes, et la tour de l'Eperon, imaginée par Louis Arretche. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un projet d’extension du centre commercial Colombia est à l’étude par la ville de Rennes.
  • La municipalité souhaiterait couvrir la dalle du Colombier, dont l’urbanisme vieillissant est difficile à valoriser.
  • Ce projet, les commerçants de la dalle en entendent parler depuis des années. Mais « ça va bouger », promet la ville.

Un cinéma vieillissant qui va fermer, des arcades pas toujours bien fréquentées et des escaliers par dizaines. Tel un labyrinthe, le quartier Colombier pourrait rendre dingue toute personne qui s’y aventurerait. Conçue dans les années 1970 à la place d’une caserne militaire, cette dalle commerçante révèle un potentiel clairement sous-exploité. La ville en est consciente et réfléchit à un projet d’ampleur. Une étude a été commandée.

Le projet n’en est qu’au stade des esquisses et « rien ne devrait être arrêté avant la fin du mandat ». Mais la dalle du Colombier pourrait bien être absorbée par une grande extension du centre Colombia, selon nos informations. « Nous avons un projet de restructuration et d’extension. Les premiers résultats de nos études sont intéressants », admet l’adjoint à l’urbanisme Sébastien Sémeril.

« L’esprit de Louis Arretche restera »

Avec ce projet d’ampleur, la municipalité pourrait raccorder le quartier à l’esplanade de Gaulle et éviter ce corridor minéral qui sépare les deux centres commerciaux Colombia et Trois Soleils. « Ce n’est pas pratique, il n’y a aucune continuité », regrette la responsable d’une boutique. « Cela fait huit ans que je travaille à Colombia. Et cela fait huit ans que j’entends parler de projets d’agrandissement », ajoute-t-elle. La ville insiste : « l’esprit de Louis Arretche restera ». L’architecte avait imaginé la tour de l'Eperon dans les années 70.

Si le dossier avance si lentement, c’est qu’il doit fédérer bon nombre d’acteurs. Les deux centres commerciaux d’abord, qui n’appartiennent pas au même groupe. La ville, ensuite, qui est propriétaire de la dalle, mais aussi le vieillissant hôtel Mercure ou les responsables du Cinéville. Le cinéma devrait fermer ses portes à l’ouverture de son nouveau complexe à Vern-sur-Seiche en 2019. « Si le cinéma est vendu, la ville se portera acquéreur », prévient l’élu. Vraisemblablement pour démolir ce bâtiment datant de 1973.

« Ça n’avance pas »

A l’approche des fêtes, la dalle accueille son traditionnel marché de Noël. Mais autour, les commerçants sédentaires savent qu’une menace plane au-dessus de leurs têtes. « On nous a parlé d’expropriation, de travaux, de déménagement. Mais ça n’avance pas. On nous dit que c’était un problème d’argent. On attend », explique un cafetier.

La question du financement est au cœur de cet agrandissement. « La ville ne pourra pas porter ce projet seule », admet Sébastien Sémeril. Le mastodonte Klepierre, leader européen des centres commerciaux et propriétaire du Colombia, serait un bon partenaire. Contacté, le groupe n’a pas souhaité répondre aux questions de 20 Minutes. « Mais ça va bouger », promet l’adjoint à l’urbanisme. Reste à savoir quand.