«Gilets jaunes» en Bretagne: Le dépôt de Vern-sur-Seiche, dernier rempart à la pénurie de carburant

CARBURANT Les dépôts de Lorient et Brest bloqués, l’essence et le diesel commencent à manquer...

Camille Allain

— 

Des camions-citernes se ravitaillent au dépôt pétrolier Total de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, le 25 mai 2016.
Des camions-citernes se ravitaillent au dépôt pétrolier Total de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, le 25 mai 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le blocage par des «gilets jaunes» des dépôts de carburant de Brest et Lorient a généré un début de pénurie dans l’Ouest breton.
  • A deux pas de Rennes, le dépôt Total de Vern-sur-Seiche fournit actuellement toute la Bretagne en carburant.
  • Le site relié par pipeline à la raffinerie de Donges est surveillé par les forces de l’ordre, qui veulent éviter son blocage.

Ils sont sagement alignés devant la grille du dépôt de carburant, sous l’œil des CRS. Ce lundi, les camions-citernes patientent aux portes du dépôt de carburant de Vern-sur-Seiche. Situé à deux pas de Rennes, c’est le seul site pétrolier qui puisse encore fournir du carburant aux stations essence de Bretagne. A Lorient (Morbihan) et Brest (Finistère), les dépôts sont bloqués par les « gilets jaunes » depuis plusieurs jours. Et la pénurie s’est installée.

Dimanche, la préfecture du Finistère a même instauré des restrictions. Les voitures et camionnettes ne peuvent embarquer que 30 euros et les poids lourds 200 euros. Quatre stations ont été réquisitionnées pour alimenter les véhicules de secours et d’urgence. Le préfet du Finistère Pascal Lelarge espère ainsi « garantir l’accès au carburant au plus grand nombre et la capacité des services de secours et d’urgence à intervenir ».

Insuffisant pour éviter un incroyable rush dans les stations service de Bretagne, dont plusieurs sont à sec ce lundi. « Je devais être livré aujourd’hui mais je n’ai pas de nouvelle. Il me reste 2 à 3.000 litres. Ça ne tiendra pas une journée », témoigne le patron d’un garage de Carnac, dont la station est habituellement alimentée par le dépôt de Lorient. La préfecture a d’ailleurs appelé les habitants « au sens citoyen », invitant la population à « ne pas utiliser de jerrican » et à « ne pas faire de réserve de précaution ».

Le dépôt surveillé de près

En Bretagne, tous les camions convergent donc vers le dépôt de Vern-sur-Seiche pour remplir leur citerne. Exploité par Total et relié par pipeline à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), le site est souvent visé lors de mouvements sociaux. Bloqué pendant une journée au début de la mobilisation des « gilets jaunes », il avait été évacué par les forces de l’ordre. Une compagnie de CRS a d’ailleurs été dépêchée pour le « surveiller ». Nul doute que le site est ciblé par les manifestants. « On fait notre maximum pour le maintenir ouvert », explique la préfecture d’Ille-et-Vilaine.

Ce lundi, les camions venaient de toute la Bretagne pour s’approvisionner à Vern. « La profession se réorganise et augmente le nombre de tournées. Dans ce genre de situation, on réquisitionne un maximum de camions », explique Alain Castinel, représentant de l’Union française des industries pétrolières (UFIP).

Comme les préfectures, le groupement de sociétés pétrolières lance un appel à la raison. « Il faut éviter les achats de précaution. C’est ce qui créé les pénuries ». Avec une capacité de 189.000 m³ et une alimentation en continu via un pipeline, le dépôt de Vern-sur-Seiche ne sera jamais à sec. Le dernier rempart.