Rennes: Un casque de réalité virtuelle pour trouver de nouveaux bouchers

AGROALIMENTAIRE La société rennaise BS a mis au point un nouvel outil de formation...

Camille Allain

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Image d'un boucher de la société rennaise BS sur un atelier de découpe de viande.
Image d'un boucher de la société rennaise BS sur un atelier de découpe de viande. — C. Audroing Philippe / BS
  • La société rennaise Bouchers Services emploie 1.300 personnes en France et continue de recruter. Mais elle peine à attirer de nouveaux bouchers.
  • Pour rendre sa formation plus attirante, elle a investi dans une solution de réalité virtuelle.
  • La société BS espère ainsi séduire davantage de candidats. Et les faire rester. La moitié des nouveaux formés abandonnent dans les deux mois.

Comment recruter dans un secteur qui n’a pas toujours eu bonne presse ces derniers temps en France ? A Rennes, la très discrète entreprise BS (pour Bouchers Services) a peut-être trouvé la solution : la réalité virtuelle.

Alors que le scandale de la viande de cheval et aux vidéos chocs dans les abattoirs ont des conséquences sur la consommation chez nous, les professionnels du secteur doivent faire face à une demande croissante, portée par les marchés étrangers.

« On ne se lève pas le matin en se disant qu’on va devenir boucher »

La société BS, leader de la découpe de viande emploie aujourd’hui 1.300 personnes sur 55 sites de France, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Ses bouchers interviennent directement chez les clients, c’est-à-dire dans les ateliers des abattoirs. En pleine croissance, la société familiale a cependant toutes les peines du monde à recruter de nouveaux désosseurs et pareurs. « La viande n’a pas toujours une bonne image. On ne se lève pas le matin en se disant qu’on va devenir boucher », reconnaît Anne-Sophie Tyli-Robin.

Du haut de ses 33 ans, la dynamique directrice générale de BS a beaucoup réfléchi à un moyen de changer cette image et d’attirer de nouveaux salariés. Et c’est en rangeant la console de jeux de ses garçons que lui est venue l’idée de faire appel à la réalité virtuelle. Aidée par l’entreprise Artefacto, la société BS a mis au point un nouvel outil pour former ses futurs bouchers.

La directrice générale de la société Bouchers Services (BS) Anne-Sophie Tyli-Robin.
La directrice générale de la société Bouchers Services (BS) Anne-Sophie Tyli-Robin. - C. Allain / 20 Minutes

Le jeu vidéo pour « casser les codes du métier »

« On passe par le jeu vidéo pour casser les codes du métier. On rend la formation beaucoup plus attractive et moins théorique », assure la dirigeante. Une fois le casque enfilé, le futur salarié peut s’entraîner à la découpe sur une carcasse virtuelle. Manette en main, il travaille sa gestuelle « sans risque de se blesser ou d’abîmer la matière », détaille Olivier Bercot, directeur commercial d’Artefacto. L’outil permet également de montrer la réalité du métier grâce à une visite virtuelle d’un atelier de découpe.

« Les gens ont beaucoup d’a priori. On veut simplement leur montrer l’environnement de travail ». L’objectif n’est ni de décourager les candidats ni de leur masquer la réalité, mais bien de s’assurer que chacun a connaissance du lieu où il va travailler. La moitié des petits nouveaux abandonne dans les deux premiers mois de la formation prévue pour durer une demi-année.

700 nouveaux salariés d’ici trois ans ?

Depuis le début de l’année, BS a recruté 320 nouveaux salariés, dont la moitié n’avait aucune expérience du métier. Et espère en attirer 700 de plus dans les trois années à venir.

Outre son casque de réalité virtuelle, le groupe tente de proposer un accompagnement au logement ou à la garde d’enfants pour faciliter la vie de ses salariés. Et fonctionne « au mérite » pour les salaires, en versant des primes aux plus productifs. « En moyenne, nos salariés gagnent 35 % de plus que le Smic », assure la dirigeante.