Bretagne: Les agriculteurs galèrent à vendre leurs fermes et ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle

AGRICULTURE De plus en plus d’exploitations ne trouvent pas de repreneurs...

Camille Allain

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Illustration d'une ferme et de vaches ici non loin de Rennes, en Ille-et-Vilaine.
Illustration d'une ferme et de vaches ici non loin de Rennes, en Ille-et-Vilaine. — C. Allain / 20 Minutes
  • La transmission des exploitations est parfois compliquée pour les agriculteurs. Les chambres d’agriculture se mobilisent pour les aider.
  • Autrefois, les enfants reprenaient la ferme des parents mais ce moyen est de moins en moins fréquent.
  • Avec le baby-boom, de nombreux agriculteurs vont devoir vendre leurs fermes.

Le problème se pose déjà. Alors que les consommateurs prônent un retour au manger local, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux à exercer. Et le pire pourrait être à venir, car de très nombreux départs à la retraite sont à prévoir avec le vieillissement de la génération du baby-boom. L’une des principales inquiétudes porte sur la transmission des exploitations. Dans un contexte déjà délicat pour l’agriculture, comment vendre sa ferme ? En Bretagne, première terre agricole française, le sujet inquiète.

« On ne vend pas son exploitation comme on vend une maison »

Dans la région, plus d’un tiers des cessions se font désormais hors du cercle familial. Un phénomène nouveau. « Avant, la question ne se posait pas. On transmettait l’exploitation à ses enfants. Mais c’est de moins en moins le cas », explique Marie-Isabelle Le Bars, chef du service installation à la chambre d’agriculture de Bretagne. L’institution organise cette semaine plusieurs rendez-vous pour informer les futurs cédants et les rassurer. « Le premier des conseils, c’est d’anticiper. On ne vend pas son exploitation comme on vend une maison ».

En fin de carrière, Elisabeth Chevrier et son mari s’apprêtent à céder leur ferme située près de La Guerche-de-Bretagne, au sud de Rennes. Sans inquiétude, mais avec pas mal de questions. « Notre exploitation est petite donc ça n’a pas été trop difficile de trouver un repreneur. Par contre ce n’est pas simple sur le plan administratif »

« C’est toute une mémoire qui va s’arrêter »

Locataire, Elisabeth vend le droit d’exploiter des terres qui ne lui appartiennent pas. « Il faut bien s’entendre avec le repreneur ». Ce sera un jeune du coin, qui souhaitait s’installer. « On avait envie de transmettre. Cette ferme, cela fait quatre générations que la famille l’exploitait. C’est toute une mémoire qui va s’arrêter. »

En 2014, le nombre d’agriculteurs avait diminué d'un pourcent en France. Trois ans plus tard, le chiffre était passé à 2 %. Quand Elisabeth s’est lancée en 1981, l’Ille-et-Vilaine avait vu 500 autres installations en un an. Un record. En 2017, le département n’en a recensé que 130 à 140. Que vont devenir les autres fermes ? Elles sont parfois rachetées pour agrandir des exploitations existantes. « Le risque c’est de n’avoir que des grosses structures. Ce n’est pas ce que nous souhaitons », rappelle Marie-Isabelle Le Bars.

Pour séduire les jeunes agriculteurs, la conseillère recommande de « s’ouvrir à de nouveaux projets comme une conversion à la bio ». Et surtout de ne pas se focaliser sur le prix. « Il ne faut pas chercher à vendre pour s’enrichir ». Le juste prix.