Bretagne: La région veut bien accueillir les paquebots de croisière, mais pas à n’importe quel prix

TOURISME Les navires de croisière se font plus nombreux à Saint-Malo, Brest et Lorient. La région veut garder la maîtrise...

Camille Allain

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Des enfants font du catamaran devant un paquebot. Ici en juillet 2015 au large de Saint-Malo.
Des enfants font du catamaran devant un paquebot. Ici en juillet 2015 au large de Saint-Malo. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les ports bretons comme Saint-Malo, Lorient et Brest accueillent de plus en plus de paquebots de croisière.
  • La région se dit prête à en accueillir davantage mais « pas à n’importe quel prix ».
  • Une enquête de satisfaction a été menée par le conseil régional de Bretagne pour connaître les attentes des croisiéristes.

La croisière a le vent en poupe. La Bretagne et ses 2.500 kilomètres de côte le savent bien et voient chaque année le nombre d’escales dans leurs ports progresser. A Saint-Malo, 47 navires se sont arrêtés cette année, un record historique. S’ils sont moins sollicités, Brest et Lorient voient également le nombre d’escales grimper ces dernières années. « C’est un marché qui se développe. La France est devenue la quatrième destination européenne », précise Anne Gallo, vice-présidente de la région chargée du tourisme, qui vient de boucler une enquête sur le sujet.

« On voit bien leurs fumées »

Convoités pour leur pouvoir d’achat élevé, les croisiéristes voient les ports s’ouvrir en grand devant la proue de leur paquebot. A Marseille, à Nice ou à Bordeaux, les visiteurs sont ainsi de plus en plus nombreux à quitter leur cabine pour s’inviter en ville, pour le plus grand plaisir des commerçants. Mais l’accueil des géants des mers commence à interroger les locaux, qui s’inquiètent des conséquences sur l’environnement. « On voyait déjà les compagnies de ferry mais on a de plus en plus de gros yachts et de paquebots. On voit bien leurs fumées. Ils carburent au fioul lourd », regrette Vanessa Taillandier.

La porte-parole du collectif Unis pour le climat connaît bien le sujet, pour avoir travaillé à bord de ces géants des mers. Elle dénonce notamment « les vibrations » émises par ces gros moteurs qui « perturbent la vie sous-marine ».

« Pas question d’accueillir des paquebots monstrueux »

La Bretagne, quatrième région touristique française, a-t-elle les moyens de se protéger face à l’attrait économique de ces clients fortunés ? A priori, oui. « Nous sommes au centre des différents bassins de navigation et nous savons que nous intéressons les opérateurs. Mais nous ne voulons pas le faire à n’importe quel prix. Il n’est pas question pour nous d’accueillir des paquebots monstrueux. Nous n’en avons pas la capacité », assure l’élue régionale.

A Saint-Malo, la proximité du Mont Saint-Michel est un atout indéniable à l’échelle mondiale. Mais la cité corsaire ne peut pas accueillir de mastodontes et seuls un ou deux navires allemands et américains débarquent plus d’un millier de passagers, car leur longueur ne peut pas dépasser 250 mètres. « Nous accueillons surtout des petits paquebots, souvent assez luxueux. Ils ont l’avantage d’être récents avec des moteurs aux nouvelles normes antipollution », précise Elisabeth Gouzien.

Quand des Australiens veulent venir en Bretagne

En voyage aux Etats-Unis, la chargée de développement touristique de la CCI de Saint-Malo a vu l’intérêt des armateurs du monde pour la côte Atlantique croître. « Aujourd’hui, quand on parle de Saint-Malo, du Mont Saint-Michel ou de Dinan, les opérateurs connaissent. Il y a eu un gros travail de promotion des ports français, du Havre à Saint-Jean-de-Luz », poursuit Elisabeth Gouzien.

Les Américains ne sont pas les seuls à s’y intéresser. Récemment, c’est une compagnie australienne qui souhaitait faire escale en Bretagne. Un voyage de 15.000 kilomètres à vol d’oiseau.