Ouverte en 1968, l’usine de Villejean va être modernisée d’ici 2022.
Ouverte en 1968, l’usine de Villejean va être modernisée d’ici 2022. — J. Gicquel / 20 Minutes

ENVIRONNEMENT

Rennes: L’usine d’incinération de Villejean va continuer de brûler des tonnes de déchets

Une consultation publique est organisée en amont d’importants travaux de rénovation...

  • L’usine d’incinération de Rennes brûle chaque année 144.000 tonnes de déchets. Ouverte en 1968, elle doit être rénovée.
  • Une consultation publique est organisée pour informer les habitants du quartier Villejean et de la métropole.
  • Les écologistes s’interrogent de voir l’équipement maintenu à une telle capacité dans un territoire « zéro déchets ».

Année 1968. Les pavés volent dans toute la France quand Rennes inaugure sa nouvelle usine d’incinération à Villejean. Cinquante ans plus tard, l’incinérateur est toujours debout et brûle chaque année près de 150.000 tonnes de déchets. Valorisée, la chaleur générée fournit du chauffage à tout le quartier ainsi qu’au CHU ou à l’université, soit l’équivalent de 20.000 foyers. En été, c’est en électricité que la chaleur est transformée.

Fatigué par un demi-siècle d’exploitation, l’équipement doit aujourd’hui être entièrement rénové. Une consultation publique a été ouverte par la métropole pour informer les habitants. « On ne va pas débattre de l’opportunité ou non de rénover l’usine. La question a déjà été tranchée par les élus en début d’année. Les études menées montrent que nous aurons besoin de maintenir sa capacité dans les trente années à venir », assure Olivier Dehaese, vice-président de la métropole à l’énergie et aux déchets.

144.000 tonnes brûlées par an

Chaque année, l’unité de valorisation énergétique (le nom politiquement correct de l’incinérateur) engloutit 144.000 tonnes d’ordures ménagères. Les poubelles des habitants de la métropole mais aussi de quelques collectivités voisines et de grandes entreprises sous contrat avec Veolia, gestionnaire de l’équipement.

Ce tonnage est le maximum autorisé par l’arrêté préfectoral qui régule l’équipement. Un chiffre stable, en dépit de l’élargissement récent des consignes de tri et des campagnes de prévention sur la réduction des déchets. « La moyenne par habitant diminue et reste basse par rapport à la moyenne nationale mais notre population augmente », explique l’élu.

Les écologistes sont perplexes

Pour se mettre au niveau des nouvelles normes européennes sur les rejets dans l’air, l’usine devra être entièrement rénovée d’ici 2022. Les fours datant de 1968 seront remplacés et toute l’enveloppe du site sera repensée. Des travaux conséquents estimés à 87 millions d’euros qui interrogent les élus écologistes. « Ce qui nous questionne, c’est le maintien de sa capacité. Nous nous sommes engagés comme territoire zéro déchets et nous ne prévoyons pas de réduire les quantités brûlées. Il y a une contradiction », témoigne l’élu écologiste Matthieu Theurier.

Pour défendre ses choix, la majorité socialiste se base sur l’étude de gisement menée en 2012 qui prévoyait une stagnation des tonnages de déchets à brûler. « L’incinération et l’enfouissement doivent rester la dernière solution à envisager », poursuit l’élu. « L’énergie produite est utile à notre territoire. Et l’usine pollue beaucoup moins que tous les chauffages individuels réunis », répond Olivier Dehaese.

Les cheminées de l’usine d’incinération de Villejean vont également être rénovées. Mais la fumée qui s’en échappe n’est pas prête de s’arrêter.