Rennes: En plein essor, l’aéroport va devoir se mettre à niveau s'il veut continuer de grandir

TRANSPORTS Dix mois après l'abandon du projet à Notre-Dame-des-Landes, la compagnie Easyjet ouvre une seconde ligne vers Genève...

Camille Allain

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Un Airbus de la compagnie aérienne Easyjet ici à l'aéroport de Rennes.
Un Airbus de la compagnie aérienne Easyjet ici à l'aéroport de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Lundi, la compagnie aérienne Easyjet a ouvert sa seconde ligne à Rennes. Trois vols hebdomadaires seront effectués vers Genève (Suisse).
  • Alors qu'un nouveau record de fréquentation sera battu en 2018, l'aéroport devra se moderniser pour continuer de progresser. 
  • La rénovation de la piste et son potentiel allongement, l’agrandissement de l’aérogare ou l’extension des parkings sont à l'étude.

« Quand on est venus visiter l’aéroport, on s’est demandé pourquoi l’arrêt de bus était si loin ». Après avoir loué les qualités de Rennes pendant près d’une heure, Reginald Otten, le directeur adjoint d’Easyjet, a reconnu que la plate-forme devait « encore se développer ».

Sa compagnie aérienne est pourtant convaincue du potentiel du 20e aéroport français. Après avoir ouvert une liaison vers Lyon en mars, EasyJet a inauguré ce lundi une nouvelle ligne vers Genève. « Rennes est dans nos esprits. Ce n’était pas le cas il y a encore deux ans », admet le responsable de la compagnie aérienne. L’arrivée d’Easyjet offre 130.000 sièges de plus par an.

Une croissance record en 2018

Comme elle, plusieurs compagnies jusqu’ici absentes de la Bretagne ont fait le choix de s’implanter à Rennes. Vueling, puis Iberia ont osé mettre un pied dans un aéroport réputé moribond. Un aéroport à qui on avait promis un avenir radieux à l’annonce de l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes. Qu’en est-il dix mois plus tard ? « Nous visons une croissance record de 16 % du trafic cette année. Nous pouvons viser le million de voyageurs l’an prochain », avance Gilles Tellier, le directeur de l’aéroport.

Du côté des chiffres, tout va bien. Toutes les lignes ouvertes ont été maintenues, voire renforcées. Avec un taux de remplissage de 92 % jugé « exceptionnel » sur ses vols vers et depuis Lyon, EasyJet a décidé d’ajouter un vol hebdomadaire, ce qui porte à cinq le nombre d’allers-retours chaque semaine. « Et sans spolier la ligne opérée par Air France », promet le patron de l’aéroport.

Emmanuel Macron avait promis de l’aide

Désormais propriété de la région Bretagne, l’équipement géré par Vinci et la CCI sait qu’il doit se moderniser pour continuer de croître. Mais les négociations entre l’État et les collectivités autour de la cession de foncier prennent du temps. Et la promesse d’Emmanuel Macron​ « d’aider Rennes à se développer » semble loin. « C’est à la région et à la métropole de cadencer les travaux. Nous sommes en phase de discussion pour trouver les solutions pour faire évoluer l’infrastructure », promet Gilles Tellier.

La rénovation de la piste et son potentiel allongement, l’agrandissement de l’aérogare ou l’extension des parkings sont bien dans les cartons. Sans que l’on ne sache quand tout cela verra le jour. Seule l’amélioration de la desserte en bus est actée. Tout juste achevés, les arrêts de bus accueilleront au printemps la ligne C6, qui offrira un passage toutes les dix minutes au pied de l’aéroport. Déjà une petite révolution.