Rennes: Après s’être séparée de Microsoft, la ville veut se défaire de Google

NUMERIQUE Les 5.000 agents de la ville et de la métropole utiliseront bientôt le moteur de recherche français Qwant…

Camille Allain

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La ville de Rennes a choisi le moteur de recherche Qwant Junior pour ses 83 écoles élémentaires.
La ville de Rennes a choisi le moteur de recherche Qwant Junior pour ses 83 écoles élémentaires. — C. Allain / 20 Minutes
  • La ville de Rennes va équiper tous ses agents, ainsi que ceux de la métropole, du moteur de recherche français Qwant.
  • La municipalité souhaitait un moteur de recherche « plus sécurisé qui ne trace pas les recherches et ne garde rien en mémoire ».
  • Rennes s’était déjà distinguée l’an dernier en optant pour un logiciel libre de messagerie remplaçant Microsoft Outlook.

Il y a un an, la ville de Rennes faisait sensation en annonçant qu’elle se séparait de Microsoft et changeait toute sa messagerie Outlook pour le logiciel libre Zimbra. Un an après, la municipalité continue de prendre ses distances vis-à-vis des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et souhaite se séparer de Google en changeant son moteur de recherche.

L’idée a germé dans l’esprit de l’élu écologiste délégué aux usages du numérique, Laurent Hamon. « Au départ, notre réflexion portait sur nos écoles. Nous souhaitions un moteur de recherche plus sécurisé qui ne trace pas les recherches et ne garde rien en mémoire ».

« Rester souverains de nos données »

Après un an et demi à tester Qwant Junior, un moteur dédié aux 6-13 ans développé par le fabricant français, la municipalité a décidé d’en faire de même pour les 5.000 agents de la ville et de la métropole. « Dans nos écoles, les retours ont été très positifs », assure l’élu. La version junior du moteur de recherche est réputée pour bloquer tous les contenus pornographiques, violents et les liens publicitaires.

Déjà utilisateurs de logiciel open source Firefox, les fonctionnaires vont désormais voir Qwant être installé par défaut comme moteur de recherche, et non plus Google ou Bing. Coût pour la collectivité ? « Zéro », glisse l’élu, sourire en coin. « C’est une volonté politique de mettre de côté les GAFAM et de rester souverains de nos données », poursuit l’écologiste. Tout juste voté, le changement sera opéré d’ici la fin de l’année sur les ordinateurs des agents. La région Ile-de-France vient de prendre la même décision.

La décision de migrer la messagerie professionnelle de Microsoft vers un logiciel libre a pris un peu plus de temps. Programmé l’an dernier, le chantier a été ralenti par quelques bugs mais sera achevé d’ici la fin de l’année. En abandonnant Outlook pour Zimbra, la métropole rennaise devrait économiser 500.000 euros.