Rennes: Trois ans après l’enlèvement, le ravisseur d’un petit garçon devra livrer ses vérités

JUSTICE L’alerte enlèvement avait été déclenchée et le garçon retrouvé après 24 heures...

Camille Allain

— 

L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes.
L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un homme de 27 ans sera jugé pendant trois jours devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour enlèvement, séquestration et agression sexuelle.
  • Il lui est reproché d’avoir kidnappé un enfant de 4 ans en août 2015 à Rennes.
  • L’alerte enlèvement avait été déclenchée et l’enfant retrouvé après 24 heures de séquestration.

« Il peut se passer beaucoup de choses à l’audience ». Mercredi, Me Delphine Caro va s’asseoir sur le banc en bois de la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine sans vraiment savoir ce que l’homme assis derrière elle dira. Son client, un homme « à la personnalité complexe » y sera jugé pour enlèvement, séquestration et agression sexuelle. Il lui est reproché d’avoir enlevé un enfant âgé de 4 ans en août 2015 à Rennes. Le garçonnet avait été retrouvé après 24 heures de séquestration grâce à l’activation de l’alerte enlèvement.

« Il souhaitait retrouver les parents du garçon »

L’accusé « ne conteste pas l’enlèvement », selon son avocate. « Il a fourni assez peu d’explications. Mais il souhaitait retrouver les parents du garçon », poursuit Delphine Caro. Pourquoi alors avait-il emmené sa jeune victime jusqu’à Paris, l’obligeant à dormir sur des cartons toute une nuit ? Et pourquoi avoir pris le train vers Bordeaux le lendemain ?

Ces questions, l’homme originaire de Mayotte de 27 ans n’y a jamais répondu. Incarcéré depuis l’enlèvement, il a été condamné en janvier 2016 à six mois de prison pour avoir agressé sexuellement un mineur de 15 ans quelques semaines avant le rapt. « C’est un profil assez particulier. Il se positionne en victime mais on ne peut pas savoir s’il est un prédateur sexuel. Les expertises sont assez intéressantes », estime Florence Pelé, avocate de l’association La Voix de l’enfant, qui s’est portée partie civile.

« La famille attend des réponses »

L’enlèvement s’était déroulé en plein après-midi le 15 août 2015. Venu assister aux festivités organisées sur la place de la Mairie, à Rennes, le garçon originaire des Comores avait été emmené « acheter des boissons » par un homme qu’il ne connaissait que depuis quelques jours. La mère et l’oncle du garçonnet avaient rencontré son ravisseur par hasard et étaient hébergés sous le même toit depuis quelques jours. L’enfant avait été retrouvé le lendemain dans un train à Libourne, reconnu par une voyageuse qui avait vu l’alerte enlèvement.

Des soupçons d’agression sexuelle

« La famille attend des réponses. Elle veut savoir ce que son fils a subi et avoir le récit plein et entier de ce qui s’est passé », commente Olivier Chauvel, avocat de la mère de l’enfant. « L’intéressé était resté très flou. On attend qu’il livre sa vérité. La famille attend qu’il soit condamné », poursuit le conseil.

La cour d’assises devra également faire la lumière sur des soupçons d’agression sexuelle sur l’enfant. Des faits qui se seraient déroulés en amont du kidnapping et que l’accusé conteste. « On sent une attirance pour les enfants », s’inquiète l’avocate Florence Pelé. Le procès se tient jusqu’à vendredi à Rennes. Le ravisseur encourt jusqu’à 30 ans de prison.