Saint-Malo: A Quai des Bulles, la BD s’invite sur les tablettes et les smartphones

LITTERATURE Deux Rennais vont présenter ce week-end leur BD numérique «La prochaine nuit sans lune»...

Jérôme Gicquel

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Le dessinateur J.H, qui souhaite rester anonyme, présente sa BD numérique.
Le dessinateur J.H, qui souhaite rester anonyme, présente sa BD numérique. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Deuxième festival de BD en France, Quai des Bulles se tient ce week-end à Saint-Malo.
  • Deux Rennais y présenteront leur BD numérique « La prochaine nuit sans lune ».
  • Spécialement conçu pour les écrans, le projet offre une nouvelle expérience de lecture aux utilisateurs.

Avec 43 millions d’exemplaires vendus en 2017, le marché de la bande dessinée se porte bien en France. Celui de la BD numérique reste, lui, beaucoup plus confidentiel. Marginal même par rapport à certains pays asiatiques où la lecture de mangas sur smartphone est courante. Il n’empêche, la bande dessinée numérique commence à pointer son nez avec des projets comme Phallaina, sorti en 2016, ou plus récemment Panama Al Brown, produit par Arte.

En Bretagne, deux Rennais se lancent également dans l’aventure. L’un est développeur, Yannick, l’autre est auteur de BD et illustrateur depuis 15 ans pour la littérature jeunesse, J.H. Ensemble, ils planchent depuis plusieurs mois sur un projet de bande dessinée numérique, intitulé La prochaine nuit sans lune, qui sera présenté en avant-première ce week-end au festival Quai des Bulles à Saint-Malo, le deuxième festival BD en France après Angoulême.

Des effets visuels pour enrichir le récit

Une saga à suspens de sept épisodes se déroulant en 1943 en Bretagne Nord dans laquelle le parcours de quatre hommes, tous liés par la guerre, s’entremêle. « Ce n’est pas une adaptation d’une BD déjà existante. Elle a été conçue spécialement pour les écrans », assure J.H. Une fois l’application Nuit sans lune téléchargée sur Google Play ou l’App Store, le lecteur fait défiler les dessins d’un simple tap sur son écran. Au fil de l’histoire, il découvre quelques effets visuels ou des petites séquences animées qui viennent enrichir le récit.

Pour son lancement, la BD numérique a été traduite en quatre langues: français, breton, anglais et chinois.
Pour son lancement, la BD numérique a été traduite en quatre langues: français, breton, anglais et chinois. - DR

« On tire parti des nouveaux outils qui permettent d’apporter une nouvelle expérience au lecteur. Sur ce projet, on a évité de mettre trop d’effets pour que ça ne soit pas gadget. Car il faut que l’utilisateur reste lecteur et non pas spectateur », poursuit le dessinateur breton. Outre l’aspect créatif, la BD numérique a aussi l’avantage, selon lui, d’être beaucoup plus facile à produire. « Il n’y a pas de coût d’impression ni de stock à gérer. On peut aussi la diffuser dans le monde entier en traduisant les œuvres sans trop de frais », détaille-t-il.

Une maison d’édition en projet

Convaincus du bel avenir qui s’offre à la BD numérique, les deux associés lanceront prochainement une maison d’édition, Bobelo (bulle en espéranto), pour diffuser le travail d’autres auteurs. « On peut imaginer plein de choses avec ce support, tout reste encore à faire ! », s’enthousiasme J.H.