Rennes: Autorisé dans les piscines, le burkini fait quelques vagues

POLEMIQUE L’autorisation du maillot de bain intégral ne plaît pas à l’opposition municipale...

Camille Allain

— 

La piscine des Gayeulles, à Rennes.
La piscine des Gayeulles, à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le burkini est autorisé dans les piscines municipales de Rennes.
  • L’opposition de droite souhaite un débat autour du port du maillot de bain intégral ce lundi lors du conseil municipal.
  • La réglementation n’a pas évolué. Elle autorise les maillots « dans un tissu spécifiquement conçu pour la baignade et qui n’ont pas été portés avant l’accès au bassin ».

La seule évocation du mot burkini suffit souvent à réveiller les passions. A Rennes, il n’aura fallu qu’un courrier de lecteur adressé à nos confrères de Ouest-France pour faire resurgir le débat autour de cette tenue de bain intégrale féminine. Suffisant pour amorcer la polémique qui sera de nouveau relancée par les élus de l’opposition de droite lors du conseil municipal ce lundi. Le burkini est-il autorisé dans les piscines rennaises et pourquoi ? Faut-il l’interdire ? Le phénomène est-il fréquent ? 20 Minutes fait le point.

Le burkini est-il autorisé dans les piscines rennaises ?

Oui. Le règlement intérieur des piscines est assez clair. Il n’autorise que les tenues de bain « dans un tissu spécifiquement conçu pour la baignade et qui n’ont pas été portées avant l’accès au bassin ». Interrogée par 20 Minutes, la ville précise : « le slip, le maillot, le short de bain, le jammer et la combinaison sont admis dans les piscines de Rennes s’ils respectent les conditions d’hygiène et de sécurité ». Le burkini répond à ces impératifs.

Est-ce nouveau ?

Non. En juin, la ville de Rennes s’était distinguée en autorisant le port du short de bain dans ses piscines. Mais la municipalité socialiste n’a rien changé concernant le burkini, qui était déjà accepté dans les bassins. En 2016, le comité consultatif laïcité de la ville créé après les attentats à Paris s’était clairement positionné. « Il n’y a aucune raison d’interdire à une femme de nager dans une piscine municipale en lycra, et donc en combinaison intégrale ».

Mais l’an dernier, un élu du Front national s’était de nouveau emparé du sujet en demandant l’interdiction du burkini dans les piscines municipales. La réponse de la ville avait été claire. « L’hygiène et la sécurité sont nos seuls critères d’acceptation. La longueur ou la couvrance du maillot n’entre pas en ligne de compte ». Fin du débat, jusqu’au nouvel épisode.

Pourquoi cette nouvelle polémique ?

Un lecteur de Ouest-France a écrit sa surprise de voir un burkini toléré dans la piscine des Gayeulles. Nos confrères ont interrogé la ville, qui a maintenu sa position. A la lecture de l’article, les élus d’opposition ont crié au scandale, qualifiant le burkini d’étendard « d’un islam extrémiste incompatible avec les valeurs de la République ». Ils profiteront du conseil municipal ce lundi pour tenter de rouvrir le débat.

Le phénomène est-il fréquent ?

Non. Les quatre piscines rennaises accueillent en moyenne 80.000 nageurs chaque mois. D’après les services de la ville, cinq à six personnes par mois viendraient se baigner en burkini.