Rennes en passe de devenir la capitale des femmes en cuisine

GASTRONOMIE La nouvelle édition du Marché à manger est entièrement consacrée aux cheffes ce dimanche…

Camille Allain

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La cheffe Virginie Giboire, du restaurant Racines, à Rennes.
La cheffe Virginie Giboire, du restaurant Racines, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Rennes organise dimanche une édition 100% féminine de son Marché à manger, food market qui se tient une fois par mois.
  • Les femmes prennent de plus en plus de place dans les restaurants de Rennes.
  • La cheffe Virginie Giboire fait partie des figures montantes de cette nouvelle cuisine.

Sa journée commence à 7h30 aux côtés de ses deux garçons de 5 et 2 ans. Et se termine vers 1h du matin, quand elle ferme la porte de son restaurant. A 33 ans, Virginie Giboire est l’une des figures montantes de la gastronomie rennaise.

Passée par plusieurs grands établissements étoilés de Paris, la jeune femme est aujourd’hui cheffe de « Racines », son restaurant gastronomique ouvert il y a un an avec son compagnon Fabien Hacques, sommelier reconnu. « En général, c’est la femme qui sacrifie sa carrière pour les enfants. Nous n’avons pas fait ce choix », sourit la jeune maman.

Dimanche, Virginie Giboire participera à la nouvelle édition du Marché à manger, à Rennes. Et elle ne sera pas seule. Le food market, qui se tiendra désormais chaque premier dimanche du mois aux halles centrales, sera entièrement dédié aux cheffes de la capitale bretonne. « A Rennes, c’est symptomatique. Je ne pense pas qu’il y ait autant de femmes dans les cuisines des restaurants des autres villes de Bretagne, pas même à Nantes. Il y a ici un vrai renouveau », justifie Olivier Marie, journaliste culinaire à l’origine du Marché à manger.

« Les femmes doivent faire le double »

Une quinzaine de cheffes officiant à Rennes seront présentes pour défendre la touche féminine d’un métier réputé macho. « Je pense que les femmes doivent faire le double pour s’imposer en cuisine. Mais on se met sans doute la pression », témoigne Virginie Giboire. Lors de sa formation dans de grands établissements parisiens, la Rennaise s’est battue pour s’en sortir seule. « Je portais les énormes casseroles. Je voulais prouver. »

Lors de sa formation, un tiers de la quinzaine d’élèves de sa classe étaient des femmes. Mais a priori, Virginie Giboire serait la seule à officier dans la cuisine d’un restaurant. « Dès qu’on a des enfants, les choses se compliquent », reconnaît-elle.

Une cuisine « plus délicate »

Depuis quelques années pourtant, les femmes ont progressivement conquis les fourneaux des grands restaurants français, imposant leur patte et s’affranchissant des codes de la profession. « Il y a 15 ou 20 ans, il n’y avait qu’une seule femme chef à Rennes. Elle était dans tous les journaux », rappelle le journaliste Olivier Marie​.

« Sans tomber dans le cliché, je trouve leur cuisine plus délicate. Il y a aussi plus de rondeur dans les relations en cuisine. C’est un monde d’hommes dans lequel les femmes apportent de la fraîcheur ». Et c’est tant mieux.

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