Rennes: Agressions, vols avec violence... Les autorités face à la délinquance de jeunes en errance

SECURITE Les agressions et les vols avec violence se sont multipliés ces derniers mois dans la capitale bretonne…

Jérôme Gicquel

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La présence des policiers va être renforcée dans le centre-ville de Rennes, notamment sur la place de la République.
La présence des policiers va être renforcée dans le centre-ville de Rennes, notamment sur la place de la République. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Les agressions et les vols avec violence se sont multipliés ces derniers mois. Ces faits de délinquance sont l’œuvre d’une cinquantaine de jeunes individus en errance, se déclarant mineurs isolés étrangers.
  • Les autorités déclarent mettre tout en œuvre pour endiguer le phénomène, en attendant des renforts policiers qui se font toujours attendre.

Ville plutôt réputée pour sa tranquillité et sa qualité de vie, Rennes est confrontée depuis plusieurs mois à une recrudescence de la délinquance. La situation s’est encore dégradée cet été, marqué par plusieurs affaires d’agressions et de vols avec violence dans le centre-ville. « On avait jusqu’à présent affaire à de la petite délinquance avec des vols à la tire ou des vols par ruse le soir sur des victimes souvent alcoolisées. Désormais, les agresseurs n’hésitent plus à frapper violemment, même en pleine journée. C’est devenu très préoccupant », confirme une source policière.

Dans le viseur des autorités, une poignée de jeunes individus, habitués à traîner sous les arcades de la place de la République. « Ce sont des délinquants qui revendiquent le statut de mineurs isolés étrangers », indique Vincent Le Borgne, directeur départemental adjoint de la sécurité publique. Originaires pour la plupart des pays du Maghreb, notamment du Maroc, ces « prétendus » mineurs en errance refusent toute aide des services sociaux et font preuve de « désinvolture par rapport à l’autorité publique ».

Plus de patrouilles mais pas de renforts

Pour éviter que la situation n’empire, les autorités ont décidé de taper du poing sur la table. « Nous ne laisserons pas une poignée de délinquants pourrir le quotidien des Rennais », assure la maire Nathalie Appéré. Le préfet compte pour cela sur le nouveau dispositif de police de sécurité du quotidien (PSQ), installé depuis quelques semaines dans la capitale bretonne. « La police doit être plus visible et plus efficace dans les endroits du centre-ville qui posent problème. Cela va donc se traduire par une resectorisation des patrouilles », souligne Christophe Mirmand.

Problème, ce nouveau dispositif ne s’est pas traduit pour l’instant par l’arrivée de renforts supplémentaires, malgré les appels répétés de la maire. « Mais je continuerai à m’impliquer personnellement pour les avoir », assure-t-elle. La PSQ se traduira par ailleurs par la réactivation du commissariat de Penhoët, situé en plein cœur du centre-historique. C’est de là que partiront les patrouilles qui seront particulièrement actives du jeudi au samedi soir.

« Il n’y a pas d’impunité », se défend la justice

La justice entend également jouer son rôle pour endiguer ce phénomène de délinquance. Présent à côté du préfet et de la maire de Renne lors d’une opération de communication menée mardi sur la place de la République, le procureur a d’ailleurs réfuté les accusations de laxisme. « Il n’y a pas d’impunité pour ces délinquants. On a eu 23 comparutions immédiates pour des majeurs depuis le début de l’année et 19 ont débouché sur des peines de prison ferme. En ce qui concerne les mineurs, il y a eu 76 condamnations par le juge des enfants, dont 39 à de la prison ferme », rappelle Nicolas Jacquet.

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