Bretons

“Les Pays de la Loire, c’est une fumisterie !”

Bretagne Juriste, auteur, porte-parole de la coordination des juristes de Bretagne, Yvon Olliver vient de publier simultanément deux livres qui s’interrogent sur l’avenir de la Bretagne...

Didier Le Corre - Bretons

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Yvon Ollivier
Yvon Ollivier — Emmanuel Pain - Bretons

BRETONS: Vous venez de publier un essai, Plaidoyer pour nos communautés, où vous pointez du doigt l’uniformité du système qui fait que la République ne veut pas qu’une tête dépasse ? Vous dites que la République a toujours étouffé les régions, les a empêchées de respirer…

YVON OLLIVIER: C’est bien évidemment lié à l’histoire de France. On a créé une nation sur la mort de différents peuples. La République est venue se greffer sur cette
tradition-là. Elle a conforté l’idée d’une nation faite d’individus égaux et surtout uniformes. Ce projet est forcément très déshumanisant, car on voit bien qu’il y a des peuples entiers dont la culture et l’identité sont fortement menacées. C’est le cas de la Bretagne. Mais c’est encore plus grave à l’époque de la mondialisation où ce genre de construction juridico-politique ne peut plus tenir. La mondialisation, c’est l’ouverture, le mouvement, des territoires reconnus et des situations d’équilibre entre ces territoires et au sein même de ces territoires. Et on ne peut pas réussir dans la mondialisation si on n’a pas un système capable de tirer parti de chaque unité territoriale.

Ce qui est assez étonnant, c’est que malgré cette grande lessiveuse qui donne en effet de l’uniformité, les Bretons ont réussi à conserver une certaine identité…

Oui, parce qu’en Bretagne, comme ailleurs, il y a une résilience très forte. Et les Bretons savent bien que leur avenir dans la mondialisation est lié à la Bretagne, à sa reconnaissance, au potentiel de développement qu’elle présente. Mais nous affrontons un système qui est redoutable. Si on survit, on cède quand même notre langue qui n’est parlée que par 2 % de nos enfants scolarisés. Ça veut dire que la langue ne se transmet plus et qu’elle va mourir. Nous affrontons un système, un système France qui est toujours tourné contre nous, comme on le voit encore aujourd’hui avec ces lycéens qui voudraient passer le bac en breton et qui ne le peuvent pas. Ce système est nocif pour la France et pour nous, car nous ne pourrons pas conserver notre culture et notre identité si nous n’avons pas la possibilité de les transmettre à nos enfants. Ça veut dire qu’il faut récupérer les compétences de l’Éducation nationale. Mais ce système est tellement fort que même à la Région, cette demande n’est pas formulée. Nous sommes toujours dans le verbiage. Il n’y a pas de volonté politique forte à même de sauvegarder notre culture, ni à la Région Bretagne ni ailleurs.

 

(...) Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons n°145 d'août/septembre 2018:

magazine Bretons n°145 - Août/septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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