Bretagne: «Douleur et sentiment d'injustice» des victimes de l'accident de Saint-Médard après l'appel de la SNCF

JUSTICE En 2011, la collision entre un TER et un poids lourd avait fait trois morts et des dizaines de blessés…

Camille Allain

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La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes.
La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes

« Douleur ». « Sentiment d’injustice ». Les mots sont durs, réfléchis. Cinq jours après l’annonce de la SNCF de sa décision de faire appel de sa condamnation, les victimes de l’accident de train de Saint-Médard-sur-Ille (Ille-et-Vilaine) expriment leur colère. La collision entre un TER et un poids lourd survenue le 12 octobre 2011​ sur un passage à niveau avait fait trois morts et une soixantaine de blessés.

Condamnées par le tribunal correctionnel de Rennes à 300.000 euros d'amende chacune, SNCF Réseau et SNCF Mobilités ont fait appel. Une décision « qui génère colère et indignation chez les victimes et leurs familles », déplore l’association Solidarité Saint-Médard PN11 qui y voit « une provocation » de la part de la société ferroviaire. Pour l’association de victimes, « la vie des passagers des trains est une préoccupation secondaire pour SNCF ».

L’entreprise avait été condamnée pour homicide involontaire. Plusieurs accidents s’étaient déjà produits au même passage à niveau, réputé dangereux, mais aucun aménagement n’avait été mené. « Nous contestons cette responsabilité totalement diffuse dans un contexte dans lequel les causes de l’accident sont évidentes et sans lien avec une faute de la SNCF », s’était justifié Philippe Valent, avocat de SNCF Mobilités. « J’ai l’impression que la SNCF prend pour tout le monde », avait réagi Thierry Dalmasso, avocat de SNCF Réseau, à l’issue du délibéré.

Le chauffeur du poids lourd condamné

Le chauffeur du poids lourd avait lui reconnu sa faute, arguant « ne pas avoir entendu les signaux sonores ». Il avait été condamné à trois ans de prison avec sursis. Le parquet a également fait appel de la décision, et l’ensemble des protagonistes sera renvoyé devant la cour d’appel. L’association de victimes a également fait appel.