Baccalauréat: 3, 4 ou 17. Le grand n’importe quoi des notes du bac en breton

LANGUE Le rectorat de Rennes avait interdit la correction des copies de mathématiques...

Camille Allain

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Le député du Morbihan Paul Molac aux côtés des lycéens et collégiens qui ont passé certaines épreuves en breton, malgré la menace de ne pas être corrigé.
Le député du Morbihan Paul Molac aux côtés des lycéens et collégiens qui ont passé certaines épreuves en breton, malgré la menace de ne pas être corrigé. — C. Allain / 20 Minutes
  • Quinze élèves du lycée diwan de Carhaix ont passé leur épreuve de mathématiques en breton. 
  • Douze ont eu leur bac, deux sont au rattrapage et un a été recalé. 
  • Des collégiens ont aussi rédigé en breton pour le brevet.
  • Le rectorat de Rennes avait demandé que les parties en breton ne soient pas corrigées.

Ce vendredi, les élèves de terminale du lycée Diwan de Carhaix ont consulté les résultats du bac, comme des centaines de milliers d’autres lycéens. Pour quinze d’entre eux, la journée avait pourtant une saveur particulière. Bravant l’interdiction, ils avaient rendu leur copie de mathématiques en breton. Alerté, le rectorat avait demandé que toutes les parties en breton ne soient pas corrigées. Mais il semblerait que certains correcteurs aient bravé l’interdit.

Des lycéens et collégiens ont passé certaines épreuves en breton, malgré la menace de ne pas être corrigé.
Des lycéens et collégiens ont passé certaines épreuves en breton, malgré la menace de ne pas être corrigé. - C. Allain / 20 Minutes

« Les notes vont de 3 à 17. Certains ont eu 4, d’autres 11. Ça n’a aucun sens. La correction des copies est trop confuse ». Ce vendredi, Ismael Morvan et une dizaine de lycéens ont pris la parole face à la presse à Rennes. Pour expliquer pourquoi ils avaient passé leur épreuve de maths « e brezhoneg ». Mais aussi pour « rétablir la vérité ». « On nous a reproché d’avoir été instrumentalisés. C’est faux. C’est une initiative lycéenne. On veut juste donner une place à notre langue », témoigne Keltia.

Deux au rattrapage, un recalé

Parmi les quinze lycéens concernés, douze ont eu leur bac, deux sont au rattrapage et un a été recalé. A cause des maths ? « Il a eu 10 », répondent les jeunes. Mais l’essentiel est ailleurs. « On nous a dit que le breton mettait le français en danger. Mais notre langue ne fait de mal à personne. Ce n’est pas une menace, c’est une langue menacée », poursuit Keltia.

Le lycée diwan de Carhaix est pour l’heure le seul établissement bilingue de Bretagne, en attendant l’ouverture d’un second lycée à Vannes. La plupart de ses élèves suivent tous leurs enseignements en breton depuis la maternelle. Mais ils doivent « basculer » au français à quelques mois du bac pour préparer l’épreuve. « Ce n’est pas logique », regrette Ismael.

« Ce n’est pas du folklore »

« Il n’y a rien de plus frustrant que de ne pas aller au bout de sa démarche. C’est l’histoire de la Bretagne, ce n’est pas du folklore », appuie Anne Gallo, conseillère régionale qui a soutenu, comme d’autres politiques et artistes, la démarche des lycéens.

Le doute plane aussi autour de l’épreuve de sciences et technologie du brevet des collèges. Une soixantaine d’entre eux auraient rédigé leurs réponses dans la langue régionale. « On nous a dit de ne pas corriger les copies en breton, de ne traiter qu’un tableau de chiffres », témoigne Yann-Mari, professeur de Vannes chargé de la correction. Lui n’a vu aucune copie en breton. « L’an dernier, les Basques ont été corrigés. Pourquoi pas nous ? », interroge un collégien. Les résultats du brevet sont quant à eux attendus ce vendredi à 18h.