Rennes: Le tri sélectif, nouvelle mine d’or pour la métropole?

DECHETS En élargissant ses consignes de tri, la collectivité a récolté 1.800 tonnes d'emballages de plus en un an...

Camille Allain

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Illustration de recyclage des déchets ici dans une usine de valorisation à Rennes.
Illustration de recyclage des déchets ici dans une usine de valorisation à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Cela fait un an que Rennes Métropole a élargi ses consignes de tri. Les habitants doivent désormais recycler tous les emballages.
  • La quantité collectée a augmenté de 12 % en un an et fait baisser le poids des ordures ménagères restant à traiter.
  • La nouvelle collecte coûte un peu plus cher. Mais la métropole compense en revendant ses cartons et plastiques. Un apport intéressant mais très fluctuant.

Le 1er juillet, cela fera un an que Rennes Métropole aura changé ses consignes de tri sélectif. Encouragés à trier absolument tous les emballages, les habitants ont joué le jeu. En un an, la quantité de recyclables collectés a grimpé de 12,3 %, soit près de six kilos de plus par an et par habitant. « Et presque sans augmenter le taux de refus », se satisfait Olivier Dehaese, vice-président de Rennes métropole chargé des déchets.

« On a parfois quelques erreurs avec des gens qui jettent des vêtements ou des couches de bébé dans leur bac jaune, mais c’est rare. Et c’est de moins en moins fréquent ».

Une mine d’or ? Pas vraiment

En triant plus, les Rennais ont ainsi allégé leur poubelle d’ordures ménagères de 7 kilos par an. Une grande victoire pour la métropole, qui voit  la quantité de déchets brûlés se réduire. Et peut au passage revendre ses plastiques et cartons. Une mine d’or ? Pas vraiment. « Nous sommes sur un marché mondial dont les cours sont très fluctuants », tempère l’élu.

Les emballages en carton ont par exemple vu leur prix être divisé par trois en un an, en raison de la fermeture du marché chinois : «  Les recettes ne sont pas négligeables mais elles sont fluctuantes ».

Le choix du train pour acheminer sa « marchandise »

Si elle vend ses emballages au plus offrant, la métropole n’a pas pour autant adopté une démarche du profit à tout prix. Elle a notamment fait le choix du train pour acheminer sa « marchandise ». « C’est 10 % plus cher que par camion, mais c’est beaucoup moins polluant. On assume ce choix », rappelle Pénélope Le Roux Alessio, de la Direction des déchets.

Ce nouveau business permet à la métropole de compenser la hausse du prix de la collecte sans augmenter la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Plus lentes, les collectes demandent davantage de temps de travail aux agents et coûtent plus cher. Mais elles sont aussi moins fréquentes, les bacs jaunes étant collectés tous les quinze jours en zone pavillonnaire.

Un tri plus efficace dans les maisons

Que l’on parle du tri sélectif ou du compostage, les résultats sont toujours meilleurs quand on habite une maison individuelle plutôt qu’un appartement. « Plus le collectif est grand et plus c’est compliqué d’être vertueux », estime Olivier Dehaese. La capacité de stockage des déchets (verre, recyclable…) influe souvent sur les comportements.