Bretagne: Un collectif part en guerre contre les résidences secondaires

TOURISME Les militants de Dispac’h ont lancé une campagne de collage pour dénoncer la spéculation immobilière dans la région...

J.G. avec AFP

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Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne, depuis le haut du phare d'Eckmuhl.
Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne, depuis le haut du phare d'Eckmuhl. — C. Allain / 20 Minutes

Après avoir appelé à boycotter le film Bécassine!, Dispac’h a trouvé un autre cheval de bataille. Le collectif indépendantiste breton vient de lancer une campagne de collages pour dénoncer « la spéculation immobilière liée au développement des résidences secondaires » sur le littoral breton.

« Bretagne résidence secondaire : villages en ruines, jeunesse en exil ! », peut-on lire sur des affiches blanches et rouges représentant des maisons aux volets fermés, qui ont été collées un peu partout en Bretagne par des militants sur ces maisons supposées inoccupées.

40 % de résidences secondaires sur le littoral breton

« La situation est ubuesque car le tout tourisme sur le littoral breton crée des emplois saisonniers précaires mais on n’arrive même pas à loger les jeunes et travailleurs à faibles revenus qui viennent en saison faute de logements à prix abordable », dénonce Ewan Thébaud, porte-parole de Dispac’h.

Une première vague de collages a eu lieu les 17 et 18 mars à Saint-Malo, « sur le site du projet d’un hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer », dans le pays de Guérande (Loire-Atlantique) « où la spéculation empêche particulièrement les jeunes paludiers de s’installer dans de bonnes conditions », ou encore à Carantec (Finistère), « où les résidences secondaires représentent presque 40 % des habitations comme partout sur le littoral breton ».

« Des villages vidés de leur vie plus de la moitié de l’année »

« Ce qu’on veut, c’est interpeller les élus locaux sur le fait qu’il n’y a pas d’outil pour réguler cette inflation des résidences secondaires », indique Ewan Thébaud, qui pointe une proportion de résidences secondaires pouvant atteindre « 80 % dans certains endroits comme à Mesquer » en Loire-Atlantique.

Le collectif dénonce également la dépendance des territoires côtiers bretons à l’économie touristique, avec des « villages vidés de leur vie plus de la moitié de l’année », qui « voient fuir les services publics et disparaître les dynamiques et initiatives locales ». Il considère aussi l’industrie touristique comme « destructrice de l’environnement » et « non-durable », « nécessitant la construction d’équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage de nos côtes ».

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