Rennes: Excédés par le bruit, les riverains de la LGV demandent des comptes

TRANSPORTS Cinquante à soixante trains par jour passent non loin de leur maison...

Camille Allain

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Un TGV circule sur la ligne à grande vitesse entre Rennes et Paris, ici à proximité de Laval.
Un TGV circule sur la ligne à grande vitesse entre Rennes et Paris, ici à proximité de Laval. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • Des riverains ont manifesté devant la préfecture de Rennes ce mercredi, où se tenait un comité de suivi de la ligne à grande vitesse Rennes Paris.
  • Ils se plaignent de nuisances sonores prononcées depuis la mise en service il y a près d'un an.
  • Ils demandent des aménagements pour réduire le bruit et des indemnisations pour la dévaluation immobilière.
  • Cinquante à soixante trains par jour passent non loin de leur maison...

Inaugurée il y a près d’un an, la ligne à grande vitesse reliant Rennes à Paris fait le bonheur des voyageurs réguliers. Elle est aussi devenue le cauchemar de dizaines de familles. Elles habitent Ossé, Domagné, Cesson-Sévigné ou Argentré-du-Plessis et souffrent toutes du même mal : le bruit. « Ça me pourrit la vie, résume Yannick Bouillon, qui réside à Argentré, près de Vitré (Ille-et-Vilaine). J’ai fait le choix d’habiter en campagne pour être au calme, pas pour entendre cinquante trains passer chaque jour ».

Des riverains de la LGV Rennes Paris manifestent à Rennes le 20 juin 2018 pour protester contre les nuisances sonores.
Des riverains de la LGV Rennes Paris manifestent à Rennes le 20 juin 2018 pour protester contre les nuisances sonores. - C. Allain / 20 Minutes

Comme lui, une vingtaine d’habitants étaient rassemblés mercredi matin devant la préfecture Martenot, à Rennes, où se tenait un comité de suivi traitant des nuisances. Sur les 141 mesures réalisées en Ille-et-Vilaine, Sarthe et Mayenne, seul un site de Mayenne ne respecte pas le niveau maximum de bruit autorisé par la réglementation. « Il fera l’objet de mesures adaptées », promet le préfet. « C’est le principe de la réglementation qui a été mis en cause », précise Marc Legrand, directeur d’Eiffage rail express, société qui a mené ce chantier colossal.

« Pas plus de bruit qu’une machine à laver »

Pour calmer les riverains, la ministre des Transports Elisabeth Borde a demandé « une mission d’expertise et de médiation », censée faire la lumière sur l’état des nuisances d’ici la fin de l’année. « On nous avait dit que ça ne ferait pas plus de bruit qu’une machine à laver. C’est complètement faux. On a des mesures à plus de 80 décibels », poursuit Yannick Bouillon.

Réunies au sein de quatre associations de riverains, environ 700 familles se plaignent du bruit des trains, qui circulent à près de 300 km/h sur cette portion. « J’ai dû boucher ma cheminée », témoigne une femme, désemparée. Ces habitants aimeraient que des aménagements soient réalisés ou a minima être indemnisés pour compenser la dévaluation immobilière. « Elles sont invendables. Ceux qui veulent partir ne trouvent pas d’acquéreur », regrette Didier Martin, coordinateur des associations.

« On ne lâchera pas »

Malgré les désagréments, Yannick refuse, lui, de partir. « J’ai travaillé toute ma vie pour me payer cette maison ». Si leurs demandes n’aboutissaient pas, les habitants iraient sans doute devant les tribunaux. « Ce combat est usant mais on ne lâchera pas », promettent-ils.

Chantier évalué à plus de trois milliards d’euros, la LGV a permis d'accroître le nombre de voyageurs à Rennes et en Bretagne de 18 % environ. La capitale bretonne n’est plus qu’à une heure trente de Montparnasse.