VIDEO. Rennes: A l'université Rennes 1, c’est chinois première langue

ENSEIGNEMENT L’université renforce ses liens historiques avec la Chine en lançant une école conjointe avec l’établissement de Nankin…

Jérôme Gicquel

— 

Wei Zuo, président du conseil de l'université de Nankin, et David Alis, président de Rennes 1, ont acté mardi l'ouverture d'un institut franco-chinois sur le campus de Beaulieu.
Wei Zuo, président du conseil de l'université de Nankin, et David Alis, président de Rennes 1, ont acté mardi l'ouverture d'un institut franco-chinois sur le campus de Beaulieu. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • L’université Rennes 1 et celle de Nankin ouvrent une école conjointe pour des étudiants de master et de doctorat.
  • L’université rennaise, qui accueille 315 étudiants chinois, espère ainsi gagner en visibilité à l’international.
  • Rennes a été la première ville française à accueillir des étudiants chinois en 1964.

A défaut de quartier chinois à Rennes, le campus de Beaulieu peut, en toute modestie, se prévaloir du titre de Chinatown dans la capitale bretonne. En quelques années, le nombre d’étudiants chinois a considérablement augmenté sur les bancs de l’université Rennes 1. « Nous en accueillons 315 cette année », se félicite son président David Alis.

Un phénomène amené à durer sur le campus qui vient de renforcer ses liens avec l’université du Sud-Est située à Nankin. Un institut accueillant des étudiants chinois et internationaux de master et de doctorat vient en effet de voir le jour à Beaulieu. L’accord, signé pour 10 ans entre les deux universités, témoigne de « la reconnaissance de Rennes 1 au plus haut niveau international dans des disciplines comme l’électronique ou la chimie », souligne David Alis, qui a fait de l’ouverture internationale « l’une des priorités » de son mandat.

Quels intérêts pour les universités françaises ?

A l’heure de l’internationalisation de l’enseignement supérieur, les jeunes Chinois sont donc de plus en plus nombreux à venir se former sur les bancs des plus prestigieuses universités françaises. Certains s’en inquiètent d’ailleurs, évoquant des risques de « pillage » de notre savoir-faire technologique.

« La Chine n’est plus un pays qui ne fait que prendre. Il y a désormais des dynamiques conjointes qui se mettent en place », assure Lofti Senhadji, directeur du laboratoire Traitement du signal de l’image à l’université de Rennes 1. Ce dernier met d’ailleurs en avant les liens historiques noués entre l’université et la Chine. « Nous accueillons des étudiants chinois depuis les années 1980. Ce n’est donc pas par opportunisme ou effet de mode que nous le faisons », souligne-t-il.

Les premiers étudiants chinois accueillis à Rennes en 1964

La tradition d’accueil des étudiants chinois dans la capitale bretonne remonte même à 1964. Cette année-là, le Général de Gaulle avait été le premier chef d’Etat occidental à reconnaître la République Populaire de Chine.

Quelques mois plus tard, Rennes était la première ville française à accueillir des étudiants chinois. Ces derniers étaient inscrits à l’ancienne fac de lettres située place Hoche. « Cette longue amitié entre Rennes et la Chine porte aujourd’hui ses fruits et nous apporte une belle visibilité à l’international », indique Lofti Senhadji.

>> A lire aussi : Le projet d’une grande université rennaise sur les rails