Rennes: D’où viennent ces mystérieuses arches et pourquoi elles seront conservées?

URBANISME Au Gros Chêne, la construction de la station de métro épargne les murs...

Camille Allain

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Les arches le long du boulevard Emmanuel-Mounier, au Gros-Chêne, à Rennes. Lancer le diaporama
Les arches le long du boulevard Emmanuel-Mounier, au Gros-Chêne, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le futur visage de la station de métro Gros-Chêne a été dévoilé à Rennes.
  • Les arches situées à côté seront conservées.
  • Ces murs ont en fait été déplacés dans les années 1960 lors de la construction du Colombier.
  • Elles sont issues d’un ancien couvent transformé en caserne militaire. C’est le maire Henri Fréville qui avait pris cette décision.
  • D’autres arches ont été déposées près des Horizons.

« Les arches étaient là, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, mais elles vont rester. » La semaine dernière, la maire de Rennes Nathalie Appéré a présenté le visage de la future station de métro Gros-Chêne. Sur les visuels, on aperçoit clairement des arches qui bordent le boulevard Emmanuel-Mounier, comme un anachronisme au milieu des tours du quartier. « Elles seront conservées », promet l’adjoint à l’urbanisme Sébastien Sémeril.

Si ces arches détonnent tant dans le paysage, c’est qu’elles y ont été importées. Leur arrivée au Gros-Chêne remonte à la fin des années 1960, quand la ville a lancé le chantier de rénovation du Colombier, qui entraîna la démolition de l’ancien couvent des Visitandines construit en 1641.

Des arches ailleurs dans la ville

Transformé en caserne militaire, l’édifice religieux avait été sacrifié pour construire la dalle du Colombier et le futur centre commercial des Trois Soleils. « Le maire Henri Fréville avait décidé de garder une partie des murs, sans doute pour faire plaisir à la communauté religieuse. J’ignore pourquoi les arches ont atterri là », détaille Yves Préault, ancien conseiller municipal, longtemps surnommé « le maire de Maurepas ».

Les arches le long du boulevard Emmanuel-Mounier. Ici au milieu du chantier de la station de métro au Gros-Chêne, à Rennes.
Les arches le long du boulevard Emmanuel-Mounier. Ici au milieu du chantier de la station de métro au Gros-Chêne, à Rennes. - C. Allain / 20 Minutes

Les arches avaient finalement été posées à côté d’un couvent de sœurs carmélites construit en 1930 à l’angle de la rue d’Antrain et du boulevard Emmanuel-Mounier. Depuis, les arches sont restées, sans que les habitants ne s’en soucient vraiment. « Je ne suis pas sûr que les gens connaissent l’histoire. Moi, je pensais qu’elles avaient été construites en même temps que le couvent », témoigne une ancienne du quartier.

Les arches dans les jardins Guy Houist à Rennes, au pied des tours des Horizons.
Les arches dans les jardins Guy Houist à Rennes, au pied des tours des Horizons. - C. Allain / 20 Minutes

Le plus étrange c’est que le boulevard Emmanuel-Mounier n’est pas le seul endroit où ces morceaux de couvent ont atterri. D’autres portions ont été posées au bord du square Guy Houist, situé entre les tours des Horizons​ et un bras de l’Ille, dans le quartier Bourg-Lévêque. « C’est joli, ça doit dater », lâche deux retraitées venues profiter du beau temps à l’ombre des cerisiers fleurs.

Ici, encore plus qu’à Maurepas, les arches détonnent par leur anachronisme. Un troisième « morceau » de l’ancien couvent des Visitandines avait été installé dans un petit square du secteur Jacques-Cartier. Il s’agissait d’un abreuvoir à chevaux qui trônait à l’entrée du couvent.

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