Université Rennes-II: «Dégage de ma fac sale facho», une étudiante contre la grève agressée après une AG

INFO «20 MINUTES» La jeune femme a été menacée par deux hommes cagoulés…

C.A.

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L'assemblée générale étudiante du 10 avril à l'université Rennes 2.
L'assemblée générale étudiante du 10 avril à l'université Rennes 2. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une étudiante a été agressée en marge de l’AG la semaine dernière à Rennes-II
  • L’université est bloquée depuis une semaine et devrait le rester.
  • Plusieurs cas de violences contre les non grévistes ont été signalés sur le campus.

Ce lundi, Julie (le prénom a été changé) a osé revenir en assemblée générale à l’université Rennes-II. Mais pas seule. Mardi dernier, alors qu’ elle quittait l’AG toujours en cours pour rejoindre un autre campus, elle a été agressée par deux hommes cagoulés. « L’un d’entre eux m’a attrapé le bras. Mon téléphone a volé. L’autre m’a pris à la gorge tellement fort que j’ai gardée des marques pendant deux heures. Ils m’ont dit de dégager de la fac et m’ont traitée de facho. »

Julie a porté plainte dans la foulée au commissariat de Rennes. Contactée, la police confirme. La veille, certains étudiants avaient fait de même, après avoir été agressés lors d’une tentative de déblocage du campus de Villejean. « On s’est fait lyncher », témoignait l’une des personnes présentes lors de cette action. Faut-il y voir une forme d’intimidation de la part des étudiants bloqueurs contre ceux qui souhaitent reprendre les cours ? « Nous avons plusieurs personnes qui ont été agressées en AG ou qui ont reçu des menaces de mort », confirme une représentante de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes).

« On ne sait plus quoi faire »

Julie est justement membre de la Fage. Pour elle, c’est son appartenance au syndicat étudiant qui lui a valu cette agression. « Ils savaient qui j’étais », assure la jeune femme, qui tient pourtant à témoigner. « Ils n’arrêtent pas de dire qu’ils sont pacifistes mais c’est faux. Quand ils sont intervenus à la Harpe pour stopper les examens, ils ont fait sortir tout le monde et balancé des tables ».

L’étudiante a pris contact avec le président de l’université, mais son message est resté sans réponse. « On ne sait plus quoi faire. Ils font durer les AG le plus longtemps possible pour que tout le monde parte », estime Julie. La semaine dernière, le vote du blocage était intervenu après 4 h 30 de discussions devant 2 500 étudiants. Ce lundi, ils étaient encore plus nombreux. A l’heure où nous écrivions ces lignes, le vote du blocage n’avait toujours pas eu lieu.

La semaine dernière, le président de l’université Olivier David avait expliqué à 20 Minutes qu’il ne souhaitait pas faire appel à la force pour évacuer la fac à moins « que les conditions de sécurité ne soient plus réunies ». Il avait alors bon espoir de pouvoir organiser certains examens dans des conditions normales.