Rennes : Comment la métropole compte diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre

CLIMAT Le Plan climat air énergie territorial a été débattu jeudi en conseil d’agglomération...

Camille Allain

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Illustration de la rocade de Rennes de nuit.
Illustration de la rocade de Rennes de nuit. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le plan climat air énergie a été débattu en conseil d’agglomération.
  • Rennes Métropole envisage de consacrer 350 millions d’euros.
  • L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030.

C’est un pavé de 94 pages. Une sorte de « to do list » des actions à mettre en place pour limiter notre empreinte sur la Terre. Débattu en conseil d’agglomération jeudi soir, le Plan climat air énergie territorial aura la lourde responsabilité de faire baisser les émissions des gaz à effet de serre. Rennes Métropole s’est engagée à les diviser par deux d’ici 2030 par rapport à 2010. Une enveloppe globale de 350 millions d’euros a été votée pour la période 2019-2024.

En aidant à la rénovation des logements.

L’aide à la rénovation énergétique des logements a du plomb dans l’aile. L’État s’est désengagé et la rentabilité économique promise aux propriétaires est loin d’être garantie. « Sans aide des pouvoirs public, l’investissement ne génère pas d’économie, estime Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole. Nous proposerons une aide aux particuliers. Il faut que ça décolle ». La collectivité ambitionne de rénover 6.000 logements par an (1.500 aujourd’hui) y compris dans le parc privé et devrait y consacrer 30 millions d’euros par an, contre cinq aujourd’hui.

En réduisant le trafic routier.

Le défi est grand. Alors que sa population croît de 1,5 % par an, la métropole ambitionne de réduire son trafic routier de 10 % à horizon 2030. Pour y parvenir, les élus comptent sur l’arrivée de la ligne B du métro mais aussi sur l’essor du covoiturage du quotidien et la mise en service d’une plate-forme dédiée. « C’est ambitieux mais crédible. Si on covoiturait tous une fois par semaine, on aurait résolu les problèmes de congestion », rappelle Emmanuel Couet.

La métropole postule comme cobaye pour réserver ses bandes d’arrêt d’urgence aux covoitureurs. S’il salue « le pragmatisme » du plan, le leader de la droite Pierre Breteau reste réservé sur ce point. « On ne va pas résoudre le problème en mettant les gens à deux en voiture ou sur un vélo. Il faudra mettre de vrais moyens pour développer les solutions vers la périphérie », estime le chef de l’opposition. Son groupe aimerait développer l’étoile ferroviaire et des navettes amenant les périurbains vers les parkings relais.

En développant les énergies renouvelables.

Le président de la métropole le reconnaît. « La production d’énergie renouvelable est plutôt une faiblesse de notre territoire ». En retard, la collectivité aux 43 communes entend bien se refaire. « Nous avons des études sur notre potentiel dans le photovoltaïque ou la biomasse. Il faut accélérer. Le modèle économique s’est affaibli, mais la collectivité n’a pas vocation à faire du profit », estime Morvan Legentil, porte-parole du groupe écologiste à Rennes Métropole.

Le développement pourrait passer par l’obligation pour les nouvelles constructions d’équiper les toits de panneaux photovoltaïques. La métropole aimerait aussi se positionner sur la biomasse et la chaufferie bois y compris pour des petits complexes. Pour l’éolien, le potentiel semble plus restreint.