Bretagne : «On ne veut surtout pas de ZAD», préviennent des agriculteurs en lutte contre un projet de parc d’attractions

MOBILISATION Le site de Guipry-Messac est à quelques dizaines de kilomètres de Notre-Dame-des-Landes...

Camille Allain

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Sébastien Ménil est agriculteur à Guipry-Messac. Il se bat contre un projet de parc d'attractions sur ses terres agricoles.
Sébastien Ménil est agriculteur à Guipry-Messac. Il se bat contre un projet de parc d'attractions sur ses terres agricoles. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un projet de parc d'attractions est contesté à Guipry-Messac (Ille-et-Vilaine).
  • Les agriculteurs qui cultivent les terres craignent de voir des zadistes s'installer.
  • Le site se situe à quelques dizaines de kilomètres de Notre-Dame-des-Landes.

Ils étaient une poignée. Au début du mois de mars, quelques individus se présentant comme « zadistes » ont toqué à la porte des fermes de Guipry-Messac. C’est dans cette petite commune au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine) que doit se construire un grand parc d’attractions sur la légende arthurienne.

Opposés au projet qui leur amputerait 80 hectares de terres cultivables, les agriculteurs mobilisés s’inquiètent de voir le site devenir une cible potentielle des zadistes. Le site de Notre-Dame-des-Landes n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres et la menace d’une évacuation pourrait pousser les occupants à trouver refuge ici. « On ne veut surtout pas de ZAD ici. On fait tout pour leur faire barrage. Mais s’ils arrivaient, on ne pourrait peut-être pas gérer », prévient Sébastien Vétil, porte-parole des opposants au projet Avalonys.

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Pour les agriculteurs, le combat est bien différent de celui mené contre le projet d’aéroport. « Ici, il n’y a eu aucune expropriation​. On compte encore semer et cultiver nos terres », poursuit un des neuf agriculteurs concernés par le projet. Mobilisés contre le parc d’attractions, les paysans demandent « l’abandon du projet ».

Butagaz voulait y faire un centre d’enfouissement

D’abord soutenue par les élus, l’idée de créer un site touristique accueillant plusieurs centaines de milliers de personnes par an commencerait à interroger. Le terrain de 80 hectares appartient aujourd’hui à la société Butagaz, qui avait envisagé d’utiliser ces terres pour créer un centre d’enfouissement. Un projet qui n’a jamais vu le jour.