VIDEO. Bretagne: Des agriculteurs en pétard contre un projet de grand parc d’attractions

MOBILISATION A Guipry-Messac, au sud de Rennes, 80 hectares de terres agricoles doivent être rachetés…

Camille Allain

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Vendredi 30 mars, des dizaines d'agriculteurs étaient réunis sur une parcelle menacée par le projet de parc d'attractions Avalonys à Guipry-Messac.
Vendredi 30 mars, des dizaines d'agriculteurs étaient réunis sur une parcelle menacée par le projet de parc d'attractions Avalonys à Guipry-Messac. — C. Allain / 20 Minutes
  • Des agriculteurs sont remontés contre un projet de grand parc d’attractions à Guipry-Messac, au sud de Rennes.
  • Les paysans ne veulent pas voir leur foncier disparaître.
  • Au moins 80 hectares seraient concernés.
  • Porté par un entrepreneur, le projet Avalonys se voyait en grand parc d’attractions sur la mythologie du roi Arthur.

Ils se sont mis d’accord. Vendredi matin les cinq syndicats agricoles ont exprimé leur désaccord commun face au projet de création d’un grand parc d’attractions à Guipry-Messac, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine). Un fait rare tant la FDSEA, la Confédération Paysanne, Agrobio ou la Coordination Rurale sont régulièrement en opposition. « Cela montre combien ce projet est aberrant », estime Guillaume Aveline, vice-président d’Agrobio 35.

Ce projet qui les rend malade est un grand parc d’attractions dédié à la légende du roi Arthur et imaginé par un ambitieux entrepreneur. Le projet a le potentiel pour devenir assez vite le premier site touristique payant en Bretagne », expliquait à 20 Minutes Aurélien Loro, l’homme qui a imaginé Avalonys. L’idée a plu aux élus locaux qui y ont vu un intérêt économique et touristique. Beaucoup moins aux agriculteurs qui verraient leurs terres disparaître.

« On perdra beaucoup plus que 80 hectares »

Pour construire le parc, la société Enez Aval prévoit d’acheter 80 hectares de terres agricoles, toutes propriétés de l’entreprise Butagaz. « Il y a eu un projet de site d’enfouissement il y a plus de 20 ans mais ça a été abandonné », explique Sébastien Vétil, agriculteur concerné et porte-parole de la cause. Au total, neuf exploitations sont menacées. « Mais dans les faits, c’est beaucoup plus. Comment voulez-vous faire venir 500.000 personnes par an par cette route de campagne. Il faudra des travaux de voirie, des parkings. On perdra beaucoup plus que 80 hectares », assure l’éleveur de vaches laitières.

Fâchés de ne pas avoir été consultés, les agriculteurs assurent « défendre le foncier agricole » et ne sont pas opposés au parc. « Il y a des friches industrielles qui pourraient être réutilisées. Pourquoi prendre nos champs alors que l’on voit déjà partout des lotissements et des zones d’activité se créer ? », s’interroge Didier Massiot, porte-parole de la Confédération Paysanne.

La mobilisation a visiblement commencé à payer. Très emballés par le projet, les élus de la commune de communes commencent à s’interroger. Le vote des subventions prévues pour accompagner le lancement du projet pourrait être ajourné. Et le préfet aurait indiqué ne pas souhaiter signer le protocole de déclaration d’utilité publique.