Rennes: Creative Seeds, l’école d'animation qui ne voulait rien faire comme tout le monde

EDUCATION L’école prépare aux métiers du cinéma d’animation avec une pédagogie innovante. Elle organise des portes ouvertes...

Camille Allain

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L'école Creative Seeds, à Cesson-Sévigné, près de Rennes, qui prépare aux métiers du cinéma d'animation et du jeu vidéo.
L'école Creative Seeds, à Cesson-Sévigné, près de Rennes, qui prépare aux métiers du cinéma d'animation et du jeu vidéo. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’école Creative Seeds organise ses portes ouvertes ce vendredi et samedi.
  • Cette école prépare aux métiers du cinéma d’animation et du jeu vidéo.
  • Elle applique une pédagogie alternative sans salle de classe ni note.
  • Les élèves doivent débourser 7.000 euros par an pour se former auprès de pros.

Il n’y a pas de salle de classe, encore moins d’amphithéâtre, mais un simple open space bardé de puissants ordinateurs. Sur le côté, une borne de jeu d’arcade, des canapés et une petite cuisine. Bienvenue chez Creative Seeds. Cette école préparant aux métiers du cinéma d’animation et du jeu vidéo organise ses portes ouvertes ces vendredi et samedi, six mois après avoir accueilli ses premiers élèves.

Installée à Cesson-Sévigné, tout près de Rennes, l’école a été fondée par des cracks de l’animation désireux de partager leur métier auprès des jeunes. « On a constaté que les formations étaient beaucoup trop généralistes. Aujourd’hui, les studios d’animation sont de plus en plus gros. Ils ont besoin de spécialistes », explique Camille Campion. Avant d’ouvrir son école, ce spécialiste de l’animation a travaillé sur les plus grosses productions comme Les Minions ou Comme des bêtes. « Tous nos enseignants ont l’expérience du milieu. Nous savons quelles sont les qualités recherchées », assure-t-il.

Pas de note, pas d’emploi du temps

Pour préparer leurs élèves au monde du travail, Camille Campion et sa dizaine de profs ont préféré opter pour un enseignement alternatif. Chez Creative Seeds, il n’y a pas de cours, pas d’emploi du temps, pas de note. « Je ne veux pas être le prof qui parle face à des élèves qui écoutent. Ici, chacun travaille comme il le souhaite. Il y a toujours un enseignant présent mais les jeunes doivent d’abord s’aider entre eux. »

Pour la première rentrée, cette pédagogie a séduit 16 élèves, qui ont accepté de débourser 7.000 euros par an pour se former. « Ici, on peut travailler huit heures par jour sur notre machine et sur un même projet. On n’a pas dix matières différentes qui ne nous serviront jamais », témoigne Guillaume 25 ans.

En face de lui, Marion partage le même constat : « On met la main à la pâte dès le premier jour ». A 28 ans, la jeune femme se voyait mal retourner dans le système scolaire classique. « Il n’y a pas de note, pas d’obligation. Chacun prépare son projet ».

Certains élèves n’ont pas le bac

Parmi les 16 élèves recrutés l’an dernier, certains n’ont même pas le bac, l’école n’étant pas reconnue par l’Etat. « C’est un choix militant. Le monde bouge mais l’Education nationale ne bouge pas avec. Une classe fonctionne comme en 1900. Ce n’est pas notre manière de penser. Un diplôme, ça ne sert à rien dans notre domaine », détaille Camille Campion.

Camille Campion a fondé l'école Creative Seeds, à Cesson-Sévigné, près de Rennes, qui prépare aux métiers du cinéma d'animation et du jeu vidéo.
Camille Campion a fondé l'école Creative Seeds, à Cesson-Sévigné, près de Rennes, qui prépare aux métiers du cinéma d'animation et du jeu vidéo. - C. Allain / 20 Minutes

A quelques mois de boucler son recrutement, l’école Creative Seeds a acquis un étage supplémentaire dans son bâtiment, ce qui lui permettra d’accueillir 30 nouveaux élèves en septembre. Bien repérée par les designers et dessinateurs, l’école aimerait attirer davantage de profils techniques adeptes du code et de l’informatique. « Ce sont les plus recherchés, ils trouveront du boulot sans souci et ce seront même les mieux payés », promet Camille Campion.