Rennes Métropole ne veut plus se contenter de donner ses data et veut leur trouver des débouchés

INNOVATION Un service dédié a été créé pour réfléchir à l’avenir de l’open data…

Camille Allain

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La métropole pourrait adapter ses transports en commun aux mouvements des étudiants en utilisant ses données publiques.
La métropole pourrait adapter ses transports en commun aux mouvements des étudiants en utilisant ses données publiques. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • La ville de Rennes vient de créer un service public de la donnée pour renouer avec son passé de pionnière dans l’open data.
  • Ce nouveau service a deux ans pour trouver des débouchés à ses données.

En 2010, Rennes faisait figure de pionnière dans l’open data. Huit ans plus tard, la métropole bretonne souhaite relancer la machine et vient de créer un service public de la donnée. Lauréate du Programme d’investissements d’avenir lancé par l’État, cette nouvelle institution se donne deux ans pour valoriser ses données. « Quand on s’est lancés, on a vu de nouveaux services être proposés aux citoyens. Mais maintenant ? En tant que collectivité, on se doit de réfléchir à l’utilisation de ces informations », explique Isabelle Pellerin, vice-présidente de Rennes Métropole chargée de l’innovation.

Pour fonder son nouveau service, la collectivité a souhaité s’appuyer sur plusieurs partenaires universitaires mais aussi quelques privés comme Enedis. « La consommation d’énergie est au cœur des préoccupations aujourd’hui. Nous avons des données de consommation que nous pouvons partager, mais il nous faut un cadre réglementé », explique Bernard Laurans, directeur régional du gestionnaire du réseau électrique. La métropole pourrait par exemple tirer profit de chiffres de consommation pour programmer la rénovation de son parc social.

« Il faut trouver comment les protéger »

Désormais contraintes par la loi d’ouvrir leurs données au public, les collectivités commencent à comprendre l’intérêt qu’elles peuvent y trouver mais se méfient aussi des « dangers » liés à la protection des individus. « Pour bien gérer ses données, il faut trouver comment les protéger. C’est une de nos missions », précise Jean-Marc Jézéquel, directeur de l’Irisa. L’institut de recherche en informatique, partenaire du nouveau service public métropolitain, travaille par exemple avec Keolis sur les horaires d’arrivée des étudiants sur les campus, afin d’adapter l’offre de transport en commun.

Ce nouveau service ne possède pas encore de gouvernance. Il aura deux ans pour trouver des débouchés à ses données. Estimé à 500.000 euros, son budget de fonctionnement sera financé à 50 % par l’État.

En 2016, la métropole avait déjà ouvert une nouvelle interface pour inciter les développeurs à se saisir des jeux de données à leur disposition. Insuffisant pour relancer la machine, qui ronronne depuis quelques années.