Rennes: Pollution, embouteillages, covoiturage... A quoi ressembleront les transports du futur?

TRANSPORTS L’agglomération se penche sur son plan de déplacement urbain...

Camille Allain

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Les bus électriques Bluebus développés par Bolloré, vont progressivement intégrer la flotte de Keolis à Rennes.
Les bus électriques Bluebus développés par Bolloré, vont progressivement intégrer la flotte de Keolis à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

A quoi ressembleront les transports de demain ? La question était sur la table jeudi soir lors du conseil de Rennes Métropole, où les élus ont posé les jalons du futur plan de déplacement urbain (PDU). « La dernière fois que nous l’avions révisé, c’était en 2007. A cette époque, on ne parlait pas de covoiturage, de vélos électriques et les téléphones n’avaient pas toutes ces fonctions. Les choses ont bien changé », rappelle Jean-Jacques Bernard, adjoint aux transports.

Des bus sans chauffeur ?

Ce plan de déplacement, qui entrera en vigueur en 2019 pour une durée de dix ans, aura la lourde mission d’améliorer la mobilité dans la métropole. « On ne va pas se concentrer que sur les transports en commun. L’essentiel pour nous, ce sera de baisser la part de la voiture solo. On a une marge de progression énorme », poursuit l’élu. Et cette fois-ci, la métropole ne construira pas d’autre ligne de métro. Seul l’axe est-ouest pourrait être renforcé, avec l’arrivée potentielle de bus sans chauffeur, plus autonomes et donc plus disponibles. « C’est une possibilité. »

Dans sa feuille de route, la métropole mise surtout sur le partage de l’automobile. « Il faut changer les comportements. Si on arrivait à convaincre les habitants de covoiturer un jour sur cinq, on aura presque résolu les problèmes de congestion ».

Pour inciter au covoiturage, la métropole réfléchit à le rendre plus attractif. Une plateforme régionale va bientôt naître et Keolis doit également mettre en service sa propre solution pour la métropole. Avant de voir, peut-être, des voies réservées aux véhicules partagés, notamment les bandes d’arrêt d’urgence. « Si vous voyez tous les jours votre collègue arriver avant vous au boulot parce qu’il prend son vélo, le bus ou qu’il covoiture, vous allez vite réfléchir. Il faut que l’on trouve des avantages », estime Jean-Jacques Bernard.

Mettre l’accent sur le vélo électrique

Pour les élus écologistes, la métropole va devoir mettre le paquet « sur toutes les solutions de mobilité ». « On ne parle pas du train. Il y a cinq lignes qui traversent Rennes et on ne voit rien sur le sujet dans ce plan de déplacement », regrette Mathieu Theurier. L’élu rennais espère également voir la métropole accélérer sur le développement du vélo. «  On parle d’un réseau XXL mais on n’a aucune idée des moyens. Aujourd’hui, la métropole met un million d’euros par an. Demain, c’est au moins dix millions qu’il faudra consacrer au vélo », poursuit l’élu écologiste.

La métropole devrait ainsi améliorer ses aménagements vers les communes les plus proches. « Avec le vélo électrique, il y a un vrai potentiel de report. S’ils sont en sécurité, les gens lâcheront leur voiture », estime Mathieu Theurier.